Les 16 et 17 avril l’Assemblée Nationale examinera la proposition de « Loi Yadan », soutenue par l’État Bourgeois, censée lutter contre l’antisémitisme. Cette loi n’est en fait qu’une composante supplémentaire de l’arsenal juridique dont l’État se dote depuis le Déluge d’Al-Aqsa pour faire taire les soutiens au peuple palestiniens et à sa résistance. En clair, ce texte vise à criminaliser tout soutien à la Palestine en assimilant antisionisme et antisémitisme. Malgré les 700 000 signatures, la pétition contre cette loi ne sera même pas examinée à l’Assemblée !
C’est la liberté d’expression et la liberté d’opinion qui sont attaquées frontalement. Face à cette menace pour nos droits démocratiques, la lutte s’organise. Ce dimanche 12 avril, des centaines de personnes ont pris part à la manifestation contre la loi Yadan, avec la présence d’un large cortège de la Ligue Anti-Impérialiste.
Lundi 13 Avril, à l’appel de la coalition « Guerre à la Guerre », des dizaines de militants anti-impérialistes et des syndicalistes ont participé à un blocus devant les locaux de Thalès en Ile-de-France pour protester contre l’industrie française de l’armement qui soutien militairement Israël dans le génocide mené à Gaza. Délogés violemment par la police il est clair que l’État bourgeois choisira toujours d’écraser toute révolte pour protéger les capitaux des entreprises meurtrières.
Mardi 14 avril, ce sont les étudiants qui se sont mobilisés avec succès en frappant au cœur des universités bourgeoises. Avec Sciences Po Paris, Centrale Supélec et enfin La Sorbonne, ce sont trois établissements d’enseignement supérieur parmi les plus prestigieux de France qui ont été bloquées.

A Sorbonne, l’occupation a commencé à 12h30. Une centaine d’étudiants se sont rassemblés dans la cour, installant tentes et banderoles en soutien à la Palestine. Les slogans contre la loi Yadan et en soutien à la Palestine sont rapidement repris et applaudis par la foule d’étudiants venue observer, nombre d’entre eux rejoignant les étudiants mobilisés derrière les banderoles.
La réaction de la direction ne se fait pas attendre, les amphis et salles de cours sont évacués petit à petit pour préparer l’expulsion des occupants, mais face au nombre d’étudiants mobilisés et sympathisant de la mobilisation, il faudra 5h à l’administration pour évacuer entièrement la Sorbonne.
A l’extérieur, un rassemblement de plus de 150 personnes se forme rapidement pour soutenir l’occupation et retarder l’intervention policière. Le slogan anti-colonialiste attaqué par la loi Yadan “De la mer au Jourdain, la Palestine aux Palestiniens” a été chanté à l’intérieur, comme à l’extérieur, par la masse d’étudiants présents. Les occupants saluent le rassemblement de solidarité devant la Sorbonne par les fenêtres, les étudiants chantent des slogans ensemble, la faucille et le marteau sont agités à la fenêtre et une banderole est déployée. Deux drapeaux flottent dans la Sorbonne, celui de l’héroïque peuple Palestinien et le drapeau communiste avec la faucille et le marteau.
Au bout de 5h d’occupation, l’université finit à peine de vider ses couloirs et les rumeurs d’une intervention policière imminente se répandent après l’évacuation de l’occupation à Science Po. Certains parmi les occupants commencent à adopter un ton alarmiste et de peur, rapidement chassé par le feu de la combativité et l’optimisme révolutionnaire porté par les Jeunesses Communistes et les syndicalistes présents en nombre.
C’est cette ligne combative qui triomphe et il est décidé de faire bloc face à la répression “J’y suis, je resterais” chantent les étudiants. L’organisation et la préparation contre la police permet de retarder l’intervention policière, les premiers à subir la répression sont les personnes rassemblées à l’extérieur de la fac, mais ils décident collectivement de ne pas se laisser faire et de s’asseoir devant les portes de l’université pour en bloquer l’accès. L’État bourgeois est obligé de déployer une centaine de CRS et de faire intervenir la BRAV M pour débloquer l’entrée.
A l’intérieur, les drapeaux flottent toujours et c’est après 6h d’occupation que la police réussit à rentrer dans la cour où s’étaient rassemblées en bloc les occupants. La police fait preuve d’une grande violence, plusieurs militants révolutionnaires ont eu le bras écrasé par des coups de pied de policiers, d’autre ont été fichés et insultés, mais aucun n’a baissé la tête, tous les occupants sont restés solidaire et ont fait front face à la violence de l’État jusqu’au bout.
Au moment de sortir de l’occupation, les étudiants sont applaudis par la foule toujours présente dans la rue. L’ampleur de la mobilisation qui a rassemblée un large nombre de personnes a permis qu’à La Sorbonne, sur l’occupation même, il n’y a eu aucune amende et aucune garde à vue. Néanmoins, la police mécontente de ne pas avoir pu se défouler, a arrêté 4 étudiants devant un autre campus de La Sorbonne pour les mettre en garde à vue.




Cette journée d’occupations met en lumière plusieurs point :
Premièrement, la préparation et l’organisation sont essentielles pour réussir une mobilisation, le spontanéisme n’aurait jamais pu arriver à ce résultat. Ensuite, face à la violence de la répression de l’État, faire bloc sur une ligne combative permet de s’en sortir collectivement en réduisant l’intensité de la répression et en diminuant l’efficacité de la police. Enfin, une mobilisation doit toujours se faire en lien avec les masses, ici les masses étudiantes. Sans leur soutien, que ce soit dans la fac ou dans le rassemblement de soutien, il y a fort à parier que l’occupation n’aurait pu durer aussi longtemps. Nous sommes solidaires de tous les étudiants et des militants arrêtés durant cette semaine de mobilisations contre le sionisme et la réactionnarisation.
Ces actions sont importantes, car elles perturbent le calme et l’ordre voulu par ceux qui ferment l’œil et participent au génocide des palestiniens. Ces actions montrent que ce n’est pas normal de vivre dans un monde où un génocide est télévisé depuis 3 ans et demi. Ils cassent le quotidien et sortent de la torpeur les masses qui s’isolent en pensant être minoritaires dans l’opinions. Cette semaine, c’est également 100 bateaux de la flottille pour rompre le blocus de Gaza qui prennent la mer, encore une fois en solidarité internationale. Nous sommes bien des centaines de milliers en France à rejeter la colonisation et le génocide fait contre le peuple palestiniens et la répression ne peut pas changer cette vérité.


