17 avril : De Bastia à Gaza et Nouméa, liberté pour les prisonniers politiques !

Cette semaine, la Corse s’est organisée autour des prisonniers politiques des luttes de libération nationale. À l’appel des organisations de défense des prisonniers politiques Sulidarità, Aiutu Paisanu et Aiutu Patriotticu et des organisations de lutte Nazione, Core in Fronte et le CRPC, des militants de toute l’île se sont rassemblés à Aiacciu, Bastia et Poghju di Nazza pour affirmer une vérité que l’État français colonial tente d’étouffer : là où il y a oppression, il y a résistance.

Ces événements s’inscrivaient dans le cadre du 17 avril, Journée internationale de soutien aux prisonniers politiques, une date, comme l’a été rappelé lors de la conférence d’Aiacciu, qui prend ses racines dans la résistance héroïque du peuple palestinien. Une date symbole mondial de la lutte contre l’incarcération des militants qui s’opposent à l’impérialisme, au colonialisme et à l’exploitation. C’est dans cet esprit d’unité internationale que des délégations kanaks et catalanes ont rejoint les rangs corses, alors que les drapeaux palestiniens flottaient aux côtés de la testa mora. Cette convergence illustre que le combat du peuple corse est indissociable de celui du peuple palestinien ou du peuple kanak face aux mêmes logiques impérialistes.

Durant ces différents temps de débats, de conférences ou de rassemblement, toutes les composantes du mouvement national ont dénoncé avec force la justice d’exception que l’État français déploie contre les militants. Contrôles judiciaires interminables, amendes astronomiques, harcèlement administratif et l’infâme inscription au FIJAIT : tout l’appareil répressif est mobilisé pour briser les volontés de libération nationale qui contestent la politique bourgeoise de Paris. Comme l’a expliqué dans sa présentation Mme Dominici d’Aiutu Patriotticu (Association d’aide aux anciens prisonniers politiques), le FIJAIT, créé sous couvert de lutte contre les attentats de 2015, montre depuis, sa vraie nature d’outil politique. Grâce au flou juridique autour du terme bourgeois « terrorisme », il s’étend désormais aux militants politiques. Pire, avec le projet de loi Yadan, l’inscription pourrait devenir automatique pour apologie du terrorisme, une notion de plus en plus utilisée pour criminaliser tout soutien à la résistance, en particulier en Palestine.

La répression ne s’arrête pas aux murs de la prison. L’exil forcé dans les centres de détention du continent isole les militants de leur terre et de leurs proches, nous pensons à Stefanu Ori, enfin de retour auprès de sa famille et de sa terre après plus de 2 ans passés en prison et en exil, maintenant sous contrôle judiciaire. Les amendes, véritables outils de spoliation, visent à asphyxier économiquement les familles. Quand une maison familiale est saisie ou qu’une exploitation agricole est empêchée de se développer, c’est tout le tissu social et économique d’une région que l’État cherche à détruire.

La lutte pour la reconnaissance du statut de prisonnier politique est mondiale. Ce 17 avril a été l’occasion de rappeler l’urgence de la libération d’Ahmed Saadat, secrétaire général du FPLP, incarcéré par l’entité sioniste et symbole de la résistance palestinienne derrière les barreaux. En région bastiaise, la solidarité s’est aussi exprimée concrètement par des actions de soutien du CRPC à Alex, militant poursuivi et harcelé pour son soutien actif à la Palestine, incarnant cette jeunesse anti-impérialiste combative, courageuse et accomplissant ses tâches historiques. Parallèlement, un rassemblement a eu lieu devant la préfecture à l’appel de Core in Fronte pour dénoncer la gestion coloniale de l’île et exiger la libération des patriotes.

Si la Corse, la Kanaky et le Pays Basque sont aujourd’hui les cibles prioritaires de la répression en France, c’est parce qu’ils représentent l’opposition la plus radicale à l’impérialisme français. Même constat à l’échelle internationale : alors que l’État sioniste vacille, la Knesset vote des lois barbares comme la peine de mort pour les prisonniers accusés de « terrorisme », ou le droit de viol sur les palestiniens.

Mais l’histoire nous l’enseigne : la répression est le signe de la faiblesse des oppresseurs. Comme lors des révoltes de 2022 en Corse, c’est la mobilisation populaire, massive, unie et internationaliste qui fera plier l’État.

Libertà per i patriotti, libertà per Ahmed Saadat, evviva a lotta di i populi !

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