Le 19 avril dernier aux Philippines, à Toboso, dans le Negros Occidental, 19 personnes ont été massacrées par l’armée philippine, dont 10 combattants rouges de la Nouvelle Armée Populaire (NPA).
Parmi ces morts, Maureen Santuyo et Alyssa Alano, des étudiantes de l’Université des Philippines.
Le 5 mai, familles, amis et étudiants de l’Université des Philippines ont rendu hommage aux étudiantes en sortant de leurs cours et en engageant une manifestation revendicative jusqu’au centre de film de l’Université des Philippines Diliman, à Quezon City.
Parmi les pancartes, on pouvait lire « Justice pour Alyssa Alano » ou encore « Justice pour les 19 de Negros ». Alyssa était élue étudiante et avait été présidente de la Ligue des Étudiants Philippins de son campus. Comme d’autres étudiants, elle avait mené des programmes d’immersion à la campagne où les étudiants se mettaient au service des masses paysannes pendant de longs mois, partageant leur vie et leur lutte pour la terre et le travail.
C’était le cas aussi pour Maureen Santuyo, dont la première action militante a été de lever une pancarte pour la hausse du salaire minimum en 2021. Cette étudiante a rejoint l’organisation Anakbayan, et travaillé auprès des syndicats des agents de call centers. En 2023, elle a rejoint le Réseau National des Défenseurs Agraires (NNARA) et est devenue une soutien à temps plein des luttes paysannes. A à peine 24 ans, Maureen Santuyo était connue comme une activiste ouverte aux autres, avec toujours l’intérêt du peuple philippin dans le cœur, ainsi qu’une artiste en devenir.
L’assassinat de ces deux étudiantes par l’armée réactionnaire aux Philippines, tout comme celui de RJ Ledesma, journaliste communautaire, ainsi que des autres des « Toboso 19 », a choqué l’opinion publique, poussant l’Université des Philippines à communiquer. Celle-ci a déclaré : « Bien que les premiers rapports indiquent que les deux étudiants participaient à des activités communautaires pour leurs organisations respectives et non à des programmes approuvés par l’université, nous défendons le droit de tous les étudiants d’exercer légalement et pacifiquement leurs libertés constitutionnellement protégées, notamment pour favoriser l’éveil de leur conscience sociale. »


