Chronique du Congrès n°3 | 5 avril 2026

« Par l’adoption des présents statuts, les congressistes assument la reconstitution de la Fédération des Jeunesses Communistes de France (FJCF), ci-après dénommée « l’organisation », ou abrégée « Jeunesse Communiste » (JC). » (Article 1.1. des statuts de la Jeunesse Communiste, votés ce dimanche matin)

Chères lectrices et chers lecteurs,

Hier, nous vous avions laissé à la fin des discussions du Congrès portant sur les débats concernant la Ligne Politique Générale. Au cours de la soirée, les délégués ont entamé les discussions sur le projet de statuts de la Jeunesse Communiste.

Relativement synthétiques, le projet de statuts présentés est largement inspiré de ceux du Komsomol, l’organisation de Jeunesse Communiste liée au Parti Communiste soviétique, ainsi que de ceux de la Ligue de la Jeunesse Communiste chinoise. Il est question ici de fixer des règles collectives pour l’organisation, articulés dans 22 articles, organisés en grandes sections : buts généraux de la JC, droits et devoirs des membres, principes d’organisation défendus, système d’organisation national et local, ressources et attributs de la nouvelle JC.

Comme pour le texte précédent, les statuts sont soumis au processus démocratique du Congrès, avec propositions d’amendements, débats et délibérations. Chaque parties votées sont autant de garanties de la soumission collective et volontaire des congressistes à ce nouveau cadre de lutte.

Tard dans la soirée du 4 avril, les délégations se sont unies sur les trois premiers titres des statuts, portant sur les objectifs généraux et les tâches de la JC, les droits et devoirs, le centralisme démocratique, ainsi que les questions liées à la discipline, à la critique et à l’autocritique et aux sanctions internes. Pour de bon, il s’agit de balayer les vieilles méthodes de travail et de direction, influencées par le libéralisme et l’anarchisme petit-bourgeois.

À l’ouverture de la session de travail ce dimanche matin, l’essentiel des débats portent sur des amendements présentés sur la composition de la direction nationale élue : les critères sont-t-ils essentiellement idéologiques et politiques, ou bien portent-ils aussi sur la composition de classe et le parcours professionnel des dirigeants ? « On pense qu’il est important d’avoir une large majorité, deux tiers, de camarades prolétaires ou ouvriers », argumente une délégation ; « attention à ne pas juger principalement un dirigeant sur son origine de classe, mais aussi sur son bilan, ses positionnements dans les luttes de lignes et sa volonté de servir le peuple », répond un autre délégué. « Ce qu’on veut au fond, c’est surtout d’avoir une organisation et une direction qui est à l’image des masses », argue une troisième déléguée. Suite à ce débat, après l’adoption définitive des statuts, les délégations sont donc passées (avec succès) au dernier stade du Congrès restreint : l’élection de la direction nationale de la Jeunesse Communiste.

Grand succès de l’ouverture de la session publique du Congrès

En début d’après-midi s’est ouverte, sous les acclamations générales, la session publique du Congrès. Pour les Jeunes Communistes, le pari de l’émulation publique est largement réussi, avec plus de 600 personnes rassemblées à la salle Césure, dans le quartier latin de Paris. Dans le hall, divers stands d’organisation politiques présentent du matériel de propagande, des brochures, affiches, etc. On note la présente d’organisations comme la Fédération Syndicale Étudiante (FSE), de l’Union pour la Reconstruction Communiste (URC), de l’Organisation de Solidarité Trans (OST), ainsi que d’un marché de créateurs et d’une braderie solidaire. Un stand des Éditions filles de la Commune vend ses ouvrages, et sur leur table on trouve également une petite surprise : la fin des stocks de l’historique librairie Le Point du Jour, qui a fermé ses portes en décembre 2025, mais qui a choisi de soutenir le congrès en cédant ses livres aux jeunes Éditions filles de la Commune.

Il est également proposé aux invités de contribuer à une cagnotte de solidarité avec la Palestine et d’écrire des lettres de soutien à des prisonniers palestiniens. Après lecture publique de la déclaration de conclusion du Congrès, présentée en fin de matinée aux délégués, des organisations invitées prennent la parole pour saluer la tenue du Congrès.

Le Parti Révolutionnaire Communistes ouvre le bal, sous les applaudissements : « Nous avons toujours dit que la lutte contre l’impérialisme, en particulier la lutte du peuple palestinien, allait constituer une avant-garde révolutionnaire dans la jeunesse et je crois que nous en avons la démonstration aujourd’hui ! Demain, nous avons la réunion de la direction de notre parti et je suis chargé de faire un rapport sur ce week-end. Ce que je vais dire, c’est que ce qui s’est passé pendant ces 4 jours, c’est un pas important qui peut être décisif dans la construction du parti révolutionnaire en France, loin des champs politiciens. »

À la suite, un porte-parole de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue se présente à la tribune : « C’est un plaisir de voir la jeunesse communiste qui se reconstruit. […] Aujourd’hui, on analyse la fascisation comme l’arme qu’utilise la bourgeoisie en se radicalisant en période de crise contre tous les mouvements sociaux, contre l’organisation dans les banlieues. Elle est dans un pic, liée intimement et cohérente avec la période haute dans la lutte de classe. On l’a vu dans tous les mouvements sociaux, syndicaux ou émeutes avec le lâche assassinat de Nahel ; avec le moment de vérité qu’a été le génocide à Gaza et la façon dont la bourgeoisie a pu étendre un discours génocidaire pro-colonial de manière directe. […] On voit aujourd’hui l’État français rendre hommage à des figures fascistes. L’Assemblée Nationale rend hommage à un nazi et nos camarades finissent en prison et sont poursuivi pour leur soutien à la Palestine et lutte contre le fascisme. […] Pour les prochains mois, nous appelons la Jeunesse Communiste à rejoindre les initiatives antifascistes et à les impulser ! »

Dans la stupéfaction et l’émotion générale, la tribune fait la lecture d’une déclaration de soutien du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP). Quelques minutes plus tard, avec de nouveau une grande émotion, la salle écoute une jeune femme masquée se présenter à la tribune : elle nous communique une longue déclaration de félicitations du Parti Communiste d’Inde (maoïste). Nous avons pu prendre note de ces deux importantes déclarations que nous communiquerons prochainement à nos lecteurs.

Au cours de l’après-midi, deux tables rondes ont été organisées pour organiser le débat avec des organisations invitées. Les intervenants ont pu échanger ensemble, ainsi qu’avec la salle. Le premier débat, portant sur l’anti-impérialisme et l’internationalisme aujourd’hui, a été mené par la Jeunesse Communiste, l’UJC (PCRF) et le Cumitatu di Ricustruzzione d’u Partitu Cumunistu (CRPC), organisation communiste pour l’autodétermination de la Corse. Dans les interventions de la salle, un homme prend la parole au nom de l’Union Prolétarienne marxiste-léniniste (UPML-ICOR), saluant la tenue de l’événement, au cœur d’un moment d’intensification de la lutte anti-impérialiste dans le monde. Il met en avant « l’urgence de la reconstruction du mouvement communiste International ». Le second débat, portant sur le travail des révolutionnaires dans la classe ouvrière, a été animé par la Jeunesse Communiste, avec l’UJC (PCRF), l’Organisation Communiste de France (OCF) et un intervenant ouvrier révolutionnaire des industries chimiques. Nous citons une partie de l’intervention de ce camarade ici :

« Je voudrais d’abord saluer la tenue de congrès et vous qui êtes réunis ici, c’est énorme et c’est un honneur de pouvoir parler ici, vraiment. [… ] Une classe elle a son idéologie, sa politique et sa forme d’organisation. La bourgeoisie elle l’a, la classe ouvrière elle doit l’avoir aussi. […] Il y a notamment une tendance qui se dégage dans le mouvement révolutionnaire : ceux qui pensent que la classe ouvrière n’existe plus alors que c’est faux. Comme l’a dit le camarade de l’OCF, les plus grandes grèves de l’histoire humaine ont eu lieu en Inde depuis 2020. […] La question que l’on doit se poser c’est comment on mobilise la classe ouvrière, comment on porte le marxisme et on développe ses formes d’organisation aujourd’hui. Il faut impulser, diriger, expliquer. C’est avec la classe que se fera la Révolution, ce ne seront pas des groupes militants qui la feront seuls, c’est bien la classe et seulement la classe. Ce qui pose bien entendu la nécessité d’un Parti Communiste. »

C’est dans l’optimisme général que s’est achevée cette troisième journée de Congrès. Quittant l’amphithéâtre, les participants ont assisté aux dernières interventions de salutations dans le hall d’accueil. Notre rédaction a pu prendre la parole ; ont suivi les délégations du Front Rouge de Norvège, ainsi que la Ligue Anti-impérialiste (LAI), qui tient actuellement son congrès mondial de fondation, en Équateur.

Les heureux présents, dont notre rédaction, pourront participer ce soir au DJ set prévu, avant de reprendre – toujours dans le sérieux – demain pour le dernier jour de ce grand évènement.

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