Le 8 Mai, comme reflet du développement révolutionnaire de nouveau mis à l’honneur !

Le 8 mai 2026, les révolutionnaires de France ont organisé une série d’hommages pour le Jour de la Victoire dans plusieurs villes du pays. À l’heure où le gouvernement bourgeois français tente de récupérer l’histoire antifasciste de la Grande Guerre Antifasciste et de faire de cette date un jour comme les autres, plusieurs rassemblements ont affirmé que l’histoire de la Résistance et de l’écrasement du fascisme est l’histoire de la classe ouvrière, et des communistes avant toute chose. Les 75 000 fusillés communistes en sont les garants et nous devons faire vivre leurs luttes et défendre leur mémoire.

À Lyon, un rassemblement mobilisant environ 175 personnes s’est tenu dans le quartier des États-Unis, à l’initiative de la Jeunesse Communiste et du Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité du quartier. Le rassemblement concluait la journée de mobilisation nationale « Lyon, capitale de la Résistance », que nous avons couvert dans un précédent article. Le quartier des États-Unis, au même titre que l’ensemble de la ville, avait été couvert par les activistes mobilisés toute la journée. Sur la place du 8 mai 1945, à l’ombre des drapeaux rouges, palestiniens, libanais, algériens et des différentes organisations présentes, plusieurs prises de paroles eurent lieu pour signifier l’importance politique du 8 mai.

La Jeunesse Communiste a commencé son intervention en saluant la foule présente, et en réaffirmant la portée politique majeure de commémorer le 8 mai dans la capitale des Gaules :

« Nous célébrons le 8 mai 1945, la fin d’un long calvaire marqué par la mort, les destructions, la torture, les fosses communes, les villages martyrs, la déportation des Résistants et l’extermination d’une grande partie de la communauté juive. C’est aussi le moment où est apparue l’immonde et honteuse politique de collaboration avec l’occupant allemand menée par la grande bourgeoisie française , les forces armées, les fonctionnaires et tout l’appareil d’État.

Le 8 mai 1945, ce même régime qui a collaboré et n’a pas été totalement purgé à la fin de la guerre a également commis de terribles massacres coloniaux en Algérie au nom de l’Algérie française . À Sétif, Guelma et Kherrata des dizaines de milliers de personnes ont été tuées à la suite de grandes manifestations indépendantistes et anti colonialistes. Aujourd’hui nous rendons hommage aux martyrs de la lutte de libération nationale en Algérie, qui ont donné leur vie pour voir cette Algérie libre et indépendante. Lyon aussi était une place forte de la résistance algérienne et nous savons qu’il y a parmi vous des descendants de résistants, qui ont arraché la victoire en payant le prix fort de plus de 1,2 millions de morts. »

Ce rappel des massacres coloniaux du 8 mai 1945 en Algérie ont fait l’objet d’une nette approbation des passants aux alentours, dont certains ont rejoint par la suite le rassemblement. Mais rappeler le passé n’est pas suffisant, selon la Jeunesse Communiste, qui fit un rappel de la situation politique actuelle et de la réactionnarisation en cours qui attaque sérieusement les droits démocratiques des masses. Comme perspective, l’intervenante conclue :

« En France notre tâche est de nous organiser partout où nous sommes, dans les quartiers, les usines, les universités. La jeunesse doit être au devant de toutes les luttes, de manière combative, et refuser l’avenir que la bourgeoisie lui réserve. […]

Nous savons qu’il n’y a que la mobilisation populaire déterminée, multiforme, qui peut défendre l’héritage de la Résistance et de ses conquêtes sociales et politiques. Nous ne pouvons ni avoir confiance dans l’État, ni dans les gouvernements (peu importe leur étiquette politique) pour défendre nos droits sociaux et démocratiques car c’est tout le système qui est pourri et dominé par les puissances du capital. Il faut donc sortir du consensus électoral et compter sur nos propres forces. L’histoire porte la preuve que les peuple organisés peuvent vaincre. Ainsi il est essentiel de déployer de grandes campagnes pour la défense de nos libertés démocratiques, pour construire l’auto organisation de la classe ouvrière dans les quartiers et usines, afin d’être prêt en 2027 à lutter quelque soit le président élu, car nous luttons contre l’État et son système tout entier. »

Une prise de position partagée par une représentante du Comité Féminin Populaire qui a notamment mis en avant l’exemple de la lutte de la communiste Danielle Casanova et rappelé la lutte centrale des femmes pendant l’occupation dans la Résistance et dans toutes les luttes en général.

« Aujourd’hui, notre rôle est clair. Ces commémorations ne sont pas qu’un regard vers le passé mais un bien une flamme, la flamme de la lutte que nous faisons vivre au quotidien. Nous devons prendre part à toutes les luttes de notre camp. Nous organiser avec notre classe. Être à l’avant-garde, dans nos quartiers, dans nos écoles, sur nos lieux de travail, dans les luttes contre le capitalisme et le système actuel. Et c’est déjà ce que nous faisons au travers des comités de quartiers. Continuer le combat contre toutes les formes d’exploitation, d’oppression, voila notre rôle. Ne rien attendra du cirque électorale mais défendre nos conditions de vie, de travail, et nos libertés démocratiques en nous battant et nous organisant, et malgré la dureté de la lutte il est certain que nous vaincrons. »

La Ligue Anti-Impérialiste a pris également la parole, soulignant la portée internationale de l’écrasement du fascisme, avec une attention attachée aux 27 millions de Soviétiques qui se sont sacrifiés dans cette guerre et rappelant l’importance centrale de développer une organisation anti-impérialiste de combat au niveau internationale :

« Le 8 mai, c’est la célébration de ceux tombés au combat, mais pas seulement. C’est surtout la célébration de la victoire du Front Antifasciste mondial ; c’est à dire répéter inlassablement et comprendre ce qu’on dit les révolutionnaires de l’époque : il faut unir le peuple, car le peuple uni ne peut être vaincu, il faut unir les peuples contre l’impérialisme et le fascisme, car le torrent des révolutions et des guerres de libération nationales est inarrêtable, il faut la plus haute abnégation au service du peuple car le sang des héros arrose les graines de la résistance, il faut l’optimisme le plus absolu car il n’y a aucun doute, les peuples ont vaincu et à nouveau les peuples vaincront ! »

Une fois les prises de parole terminées, le cortège s’est mis en branle pour marcher en direction de la place René et Madeleine Caille, où se situe une plaque d’hommage à la Résistance intérieure que la mairie d’arrondissement refuse de réhabiliter. Un symbole fort pour une journée de mobilisation revendiquant que seul le peuple, et non l’État, est à même d’honorer le sacrifice des Résistants. Sur les lieux, les révolutionnaires ont procédé à une minute de silence, ainsi qu’à une lecture de la dernière lettre de Gabriel Péri, dirigeant du Parti Communiste fusillé au Mont Valérien en 1941 par les fascistes. Pour finir, une gerbe de fleurs fut déposée sur la plaque, alors que le cortège rassemblé entonnait le « Chant des Partisans ».

Par la suite, le cortège s’est dirigé vers le cœur du quartier Viviani pour un barbecue convivial organisé par le CPES.

À Rennes, comme chaque année, les révolutionnaires se sont réunis lors d’un cortège unitaire d’hommage dans le cadre unitaire du Comité Mémoire et Résistance Populaire du Bassin Rennais, constitué de la Jeunesse Communiste, de la Fédération Syndicale Étudiante, Young Struggle, et de l’Organisation Communiste de France. Réunissant 80 personnes, la marche s’est élancée vers la Butte de la Maltière, ancien stand de tir reconverti en zone d’exécution par les nazis pendant l’Occupation. Là, 25 Résistants communistes furent fusillés pour leur engagement. Après une minute de silence, le cortège a déposé une gerbe de fleur sur la plaque de l’évènement avant d’entonner des slogans.

À Toulouse, un cortège rouge antifasciste pour la commémoration des FTP MOI et de Marcel Langer, chef de la 35ème brigade, a été organisé. Cependant, malgré la teneur démocratique et pacifique de l’évènement, la police a interdit l’accès au lieu de commémoration avant de les bloquer plus d’une heure dans une rue. Et pour cause, la veille, le Maire Jean Luc Moudenc récemment réélu, marche-pied des bailleurs sociaux, a interdit le rassemblement sous prétexte de quelques drapeaux l’année précédente. Dans la nuit précédant le 8 mai, un arrêté préfectoral a été promulgué en urgence, interdisant toute manifestation de 10h à 13h autour du Jardin des Plantes. La coïncidence est trop parfaite pour en être une : la mairie de Toulouse tenait elle-même sa propre commémoration officielle sur ce site.

Loin d’eux l’idée de commémorer la Gloire et le Courage du résistant Marcel Langer, militant communiste, juif polonais, chef des FTP-MOI en zone Sud, guillotiné par le régime de Vichy en 1943 à la prison Saint-Michel à Toulouse et enterré au cimetière Terre-Cabade. L’arrêté n’avait qu’un seul objectif réel : tenir éloignés ceux qui auraient rappelé trop clairement ce que cette résistance avait de communiste, d’internationaliste, d’inconvenant pour le récit officiel.

Ils ont marché quelques minutes avant d’être stoppés par les forces de l’ordre au Grand Rond, auxquelles il leur était signifié qu’ils n’avaient pas le droit de se rendre à une commémoration publique au motif d’un trouble à l’ordre public. On répète : une commémoration pour la fin du nazisme constituait, ce jour-là à Toulouse, un trouble à l’ordre public.

En tentant de contourner le dispositif par la rue de la Brasserie — rue qui ne figurait pas dans l’arrêté préfectoral —, ils ont été nassés. Deux camions de chaque côté. Une vingtaine de membres des forces de l’ordre, auxquels se sont joints à plusieurs reprises des militaires en tenue qui venaient, dit-on, « dire bonjour ». Une gazeuse à main déversant un liquide orange et gluant. Des matraques brandies comme menace contre quiconque tenterait de s’extraire du nassage. Et ce pendant une heure trente à deux heures, dans une rue où il n’y avait aucune base légale à cette privation de liberté. Voilà comment l’État honore les antifascistes : en les enfermant dans une rue, le jour même où il prétend les commémorer. Face aux camions et aux matraques, les camarades ont chanté plus fort. À la levée du dispositif, ils sont repartis en chantant, par petits groupes, laissant derrière eux dans les rues de Toulouse les portraits des figures de la résistance. Personne n’a été arrêté. Personne n’a eu d’amende. Le rapport de force symbolique de cette journée appartient à celles et ceux qui ont tenu debout.

La rue de la Brasserie, ce 8 mai, a été le lieu d’une petite victoire. Pas une victoire finale, pas une victoire décisive — mais une victoire dans l’accumulation des forces, dans l’expérience partagée, dans le refus de plier. Une victoire dans la conscience qui se construit, camarade après camarade, chant après chant. Celles et ceux qui chantaient sous la gazeuse orange avaient compris quelque chose que leurs adversaires semblent avoir oublié : on ne réprime pas une idée avec un camion et des gens en costumes ridicules.

À Paris, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvés devant le Panthéon à Paris pour un « village antifasciste ». Comme l’année dernière ce village s’est organisé en réaction à la manifestation nazi du « C9M », manifestation annuelle organisée par l’extrême droite, mobilisant désormais un peu plus d’un millier de personnes.

Initialement interdit par la préfecture de police, le village a pu avoir lieu organisé dans un cadre unitaire, et a pu rassembler plusieurs dizaines d’organisations, comités et collectifs divers ayant pour point commun l’antifascisme. Le village a duré toute l’après-midi et a observé une forte fréquentation. La tenue de ce village répond à la complaisance manifeste de l’État vis-à-vis de ces groupuscules fascistes. Depuis des années, la manifestation du C9M a lieu sans réelle action du gouvernement ou de la mairie de Paris, suscitant une indignation nationale qui ne fait que s’accentuer avec la médiatisation croissante de la manifestation par les médias bourgeois. Malgré leur allure bravache et leur démarche militaire, le cortège est systématiquement hué par les riverains et est condamnée par la majorité des masses populaires dans tout le pays.

Dans le cadre de ce Village Antifasciste, la Jeunesse Communiste récemment reconstituée a pu y tenir un stand qui a suscité l’intérêt de nombreux passants. De nombreux débats ont eu lieu, de la musique a été jouée le tout sans incident et dans un cadre dynamique marqué par la volonté collective de s’organiser pour lutter contre l’extrême droite et la réactionnarisation.

L’ensemble des manifestations antifascistes ont été interdites à Paris ce week-end sur le motif de « risque sérieux pour l’ordre public ». Ironique, quand on voit que la bourgeoisie prétend commémorer la victoire sur le nazisme et interdire une mobilisation s’opposant à leurs descendants qui peuvent battre le pavé légalement chaque année. Par ces interdictions, l’État français cherche aujourd’hui à renvoyer dos-à-dos groupuscules fascistes et militants antifascistes, l’interdiction des manifestations s’opposant à la tenue du C9M est une grave attaque contre nos libertés démocratiques. Une position « neutre » qui a du mal à tenir au vu des évènements le jour-même du 9 mai, où la police a arrêté 46 personnes et distribués 182 amendes de 135€, y compris des journalistes ont été verbalisés, malgré l’intensité et l’immédiateté de la répression dans l’espace public.

À Amiens, la section locale de la Jeunesse Communiste s’est réunie rue des Quatre Lemaire, famille de Résistants fusillés par les Allemands pendant l’Occupation. Au cours de l’hommage, la section a arboré des portraits du Colonel Fabien, Guy Môquet, Danielle Casanova et de Missak Manouchian.

À Saint-Nazaire, une manifestation rassemblant 850 personnes sur le port, pour protester contre la marche à la guerre et la construction d’un porte-avion, s’est réunie à l’appel de la CGT dans la ville bretonne. À l’appel du slogan « À bas la guerre », les manifestants ont courageusement défié l’interdiction de la manifestation par la préfecture, et ont brûlé une représentation du porte-avion.

À Lille enfin, la section locale de la Fédération Syndicale Étudiante a pris part à une marche conjointe avec le Comité Sans Papiers 59 vers le cimetière militaire d’Haubourdin, afin de rendre hommage aux tirailleurs issus des coloniaux, ayant payés un lourd tribut dans la guerre antifasciste, ainsi qu’aux massacres en Algérie du 8 mai 1945.

L’enjeu de la journée était de taille : remettre à l’honneur l’Histoire, celle de la classe ouvrière, des masses, des Communistes, et continuer à développer cette mémoire de lutte qui est la notre et dont nous devons nous inspirer. Rappeler par la même au gouvernement et aux fascistes que le 08 mai est rouge et le restera.

Ce genre d’initiative contribue à faire du 8 Mai une date vivante, une journée de lutte contre le fascisme, nous en avons grand besoin.

La criminalisation constante des mouvements révolutionnaires, de l’anti-impérialisme et de l’antifascisme doivent être combattu au quotidien, il s’agit de défendre nos droits élémentaires les plus essentiel, de la liberté de réunion à la liberté de manifester.

L’ennemi principal de nos droits démocratiques est et restera toujours l’État bourgeois, malgré sa prétendue posture « au-dessus des extrêmes droite comme gauche», car il est l’instrument des monopoles.

L’époque qui s’ouvre à nous est décisive et nous impose de forger dès maintenant les outils de défense des droits démocratiques et de lutte contre la réactionnarisation, luttes qui ne peuvent être détachés de la question ultime du pouvoir de classe, seul rempart efficace contre la nature de l’impérialisme au fascisme et à la guerre mondiale.

Ainsi suite au 1er ou la Jeunesse Communiste à rappeler dans plus de 15 villes en France, que la seule guerre juste est la guerre de classe, le 08 Mai à fait résonner de partout en France dont à Lyon, que le 08 Mai représente le jour de la Victoire du Communisme contre le nazisme !

Voir aussi

Dernières actualités de la lutte