Mardi 13 Janvier a eu lieu le procès du militant révolutionnaire Alex, membre de la Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire, accusé par l’État d’apologie du terrorisme pour avoir simplement tenu des propos en soutien aux opérations de résistance des palestiniens en réponse à la colonisation et au génocide : ni plus ni moins que ce qui est reconnu par le Droit international et l’ONU.
L’année dernière, il avait été arrêté par ordre de la direction de la police judiciaire à la sortie de son avion en rentrant de vacances. Son domicile avait été saccagé durant une perquisition. Ils y avaient retrouvé un très dangereux keffieh et des autocollants Palestine, qui serviront de preuves de son “crime” devant la justice. Alors même que il n’avait pas eu de procès depuis un an Alex, a été officieusement radié de la fonction publique, il a perdu son travail, avait été interdit de manifestation jusqu’à son procès et ses comptes bancaires ont été fermés. Comme l’acharnement de l’État est politique, il a été envoyé en procès de comparution immédiate, un cadre judiciaire prévu pour les délits simples, inapproprié pour un procès politique portant sur la liberté d’expression.
Face à l’acharnement étatique, Alex a montré une attitude exemplaire durant son procès, en réaffirmant son soutien à la résistance palestinienne et son engagement profondément politique, sans broncher, tant à l’extérieur du tribunal que face aux juges.
Son cas n’est pas isolé et le même jour au tribunal, une autre militante contre le génocide des palestiniens passait à la barre, Mahdieh Esfandiari. Elle avait été détendu 8 mois en prison, sans procès, sans jugement, pour avoir tenu une chaîne d’information sur la résistance palestinienne. Des dizaines de militants ont été poursuivis ces derniers mois, comme Yamin à Lyon, Elyas à Paris, plusieurs activistes dans la jeunesse et tant d’autres. Ceux-ci se trouvent indéniablement du bon côté de l’histoire.
Pour soutenir Alex et Mahdieh, près de 150 personnes sont venu de différentes villes en France au tribunal pour tenir un rassemblement toute la journée jusque la fin de son procès. D’autres rassemblements en solidarité à Alex et Mahdieh ont eu lieu à Marseille et Montpellier, ainsi que des actions de soutien dans une quinzaine de villes de France.
Des actions de soutien ont également été organisées au Liban, en Palestine, en Espagne, Allemagne, Turquie, Finlande, Norvège, Maroc, Tunisie, etc. Depuis le Liban et l’Égypte, Georges Abdallah et Mariam Abu Daqqa ont apporté leur soutien personnel et politique. Dans le même élan, le lancement d’une « Coordination nationale contre la répression du soutien à la Palestine » est en cours, impulsé par plusieurs dizaines d’organisations et militants.
Les avocates, ainsi que le témoin écrivain et neurochirurgien de Gaza Christophe Oberlin, ont plaidé en expliquant en détail l’aspect arbitraire et flou du terme “terrorisme” appliquée à la résistance palestinienne, en élaborant sur les inconsistances de cette qualification, détaillant le droit international dans lequel le terme “terrorisme” n’existe pas, car inventé pour la répression des opposants politiques. Ils sont revenus sur l’inexemplarité de la France, reconnu mondialement pour usage de la répression politique de plus en plus criminelle.
Finalement la procureure, après avoir nié qu’il s’agissait d’un procès politique et de liberté d’expression, a demandé un suivi de la réforme des idées et positions d’Alex après les 12 mois de sursis, pour vérifier qu’il se conforme bien aux “intérêts de la nation”, dans du chantage pur et simple, ceci étant une condition pour enlever cette condamnation du casier judiciaire d’Alex, celui-ci souhaitant devenir professeur d’Histoire. Curieuse conception des droits démocratiques.
La procureure, dans un réquisitoire délirant, à exigé comme peine :
– 1000€ d’amende ;
– 1 an de prison avec sursis simple ;
– un stage de citoyenneté à ses frais ;
– une interdiction de port d’arme pendant 5ans ;
– une peine d’inéligibité pendant 5 ans ;
– un suivi socio-judiciaire pendant 2 ans.
Le délibéré de la justice sera rendu le 10 février. Nous concluons avec la déclaration limpide d’Alex durant son procès :
Déclaration d’Alex devant les juges
Je souhaite faire une déclaration, car mon discours lors de la manifestation relève du domaine de la liberté d’expression, et je suis bien entendue prêt à en débattre mais pas dans un cadre pénal. Je ne demande pas à tous et toutes d’être d’accords avec moi, mais ce cadre présent, sous la contrainte ne permet pas d’élever ce débat, et de le poser de manière saine et apaisé, débat rappelons le qui est d’intérêt général.
Dans le cadre d’une intervention publique lors d’une manifestation en soutien au résistant Georges Abdallah et au peuple palestinien, j’ai effectué une prise de parole soutenant le peuple palestinien et sa résistance nationale engagé depuis des dizaines d’années dans une lutte de libération nationale contre la colonisation, dans une lutte contre le génocide et la disparition programmée. De ce fait, il à été fait mention du 07 octobre, qui objectivement représente principalement une contre offensive militaire mené par un peuple colonisé contre son oppresseur, ce qui est tout à fait légitime. Mais cela n’est pas en réalité le fond de l’affaire, sur laquelle nous allons maintenant intervenir.
La justice, jugera aujourd’hui un besoin de justice, un besoin universel qui ne peut être qu’une nécessité d’un État qui se proclame République. Une nécessité vitale pour tout personne saine d’esprit. Nous sommes depuis le 07 octobre, des milliers à faire face à une répression politique d’état, pour notre amour et notre soif de justice.
Comment aurions nous pu rester silencieux quand nos médias, l’État, notre République appuie un massacre génocidaire qui ne peut que rappeler les pires heures de l’Europe. Quelle sera la suite si personne ne s’élève contre un génocide et tout autant contre les apologistes de sa normalisation. Comment nous taire quand nous voyons nos moindres libertés rognées par un pouvoir qui écrase tout ce qui constitue les principes de notre vie politique et sociale.
Tout à l’apparence d’une répression politique, nous comptons donc nous défendre politiquement. En témoigne le fait que la grande majorité si ce n’est l’ensemble des procès pour apologies du terrorismes sont relatif à des militants pro-palestiniens et jamais pro-israelien. Cela prouve donc le caractère politique et discriminatoire de cette répression ciblée.
Plus largement nous nous inquiétons de ce qui était l’exception en France, il y a peu, et qui devient la norme en ces temps où la division des pouvoirs s’estompent pour laisser place à l’arbitraire d’un exécutif qui pense qu’être citoyen est un rôle de figurant. Ce sont les « terroristes » qui ont défendu la naissance de notre République face à ses ennemis, ce sont les « terroristes » qui ont lutté contre le fascisme et défendu l’indépendance de la France quand tout avait failli. Ce qu’on traitaient de terroristes hier sont aujourd’hui reconnus par tous comme des héros, tel Manouchian entré au Panthéon il y a peu. Ce sont peut-être, et c’est une question que nous devons tous nous poser, ceux qui sont accusés de faire son apologie aujourd’hui qui défendent le plus nos droits démocratiques fondamentaux.
La grande alliance réactionnaire, entre les sionistes qui jouent la carte de l’holocauste, quand dans le même temps c’est l’état israélien qui effectue un génocide et une colonisation, et d’un gouvernement antisémite qui à honoré Pétain le déporteur de juifs, réhabilité Maurras, accueilli à l’Élysée le terroriste président syrien, est quelque chose de burlesque à voir. Il y a décidément quelque chose qui ne va pas, et cette réécriture de l’Histoire ne passera pas. Ce sont les communistes qui ont abattu le nazisme et libéré les camps d’extermination, tandis que la bourgeoisie européenne collaborait massivement, comme elle collabore activement dans le génocide en cours en Palestine.
L’État ne peut interdire la liberté d’expression et la liberté de se rassembler sans révéler à toute la société son caractère profondément anti-démocratique et anti-peuple, il tente donc de jouer sur un pseudo soutien au terrorisme ou à l’antisémitisme. Pour citer un des créateurs de la loi antiterroriste crée pour lutter contre le recrutement en ligne des filières djihadistes, le magistrat Trévidic : “On est dans un véritable abus, un usage totalement dévoyé de la loi” disait il en octobre 2024.
Nous dénonçons ainsi la criminalisation de toute expression libre et émancipée et apportons notre solidarité à tous les réprimés dont le seul crime est d’avoir soutenu le peuple palestinien en résistance face à la colonisation et au génocide. Notre crime est celui de centaines de millions de personnes, qui aiment la justice et haïssent l’injustice.
N’est ce pas par amour de la liberté que nous avons manifesté en masse contre la colonisation de la Palestine. N’est ce pas par amour de l’égalité, que malgré la répression nous avons toujours continué à soutenir le peuple palestinien. Et n’est ce pas par fraternité que dans le monde entier au-delà de nos différence nous avons manifesté par amour et humanité pour nos frères et sœur palestiniens.
Quel est donc notre crime ? s’élever fermement contre l’oppression, croire encore aux idéaux de justice à l’heure où le génocide des Palestiniens est, trop souvent, célébré sur nos plateaux de télévision, et chez certains politiques.
Notre crime, c’est de ne plus pouvoir entendre l’insupportable mensonge où le criminel devient le libérateur, où le palestinien, déshumanisé, devient le terroriste.
Notre crime ? Ne plus supporter la vision d’enfants massacrés, de familles décimées, d’une terre colonisée.
Notre crime ? Être attachés à la souveraineté des peuples, au droit à la Résistance face à l’oppression, au droit de se défendre quand on est écrasé, ni plus ni moins que le droit prôné par l’ONU.
Notre crime ? C‘est de penser qu’avoir des opinions politiques conformes aux idéaux de la Révolution de 1789, des Lumières, n’est pas un crime.
Nous sommes inquiets de la banalisation de l’arbitraire, de pratiques de plus en plus violentes des forces de police, de la négation des droits démocratiques essentiels : le droit de penser, de s’exprimer, de manifester, de se rassembler et de s’organiser. Nous sommes inquiet de la banalisation de l’état d’exception. Nous voyons un long processus qui tend à s accélérer de pertes de nos droit fondamentaux, d autonomisation des forces de l’ordre, d universalisation de la répression pour toutes actions qui ne rentreraient pas dans le cadre étouffant de la pensée unique.
Nous voyons que les Palestiniens, dans leur lutte acharnée pour défendre leur liberté, défendent la liberté de tous les peuples du monde. Notre crime, alors, est de défendre des principes universels et de refuser le glissement lent et insidieux vers le fascisme. Notre crime, est de nous opposer fermement à cet état de fait, de défendre corps et âme les droits démocratiques inaliénables du peuple.
De Valmy, à la Commune, à l’insurrection de 1944, aux marches pour la Palestine. Notre crime sera toujours le même : celui de réfléchir et d’agir en Femmes et Hommes libres.
Alors que l’état et la bourgeoisie violent les droits du peuple,nous rappelons que nous sommes la nation de la Révolution et de la Résistance, et que nulle répression ne nous fera céder.
Nous nous tenons ici, les mains et la conscience propres devant l Histoire et assurément les peuple du monde et l’Histoire rejetteront tout autre jugement qu une relaxe de votre tribunal.
Nous ne nous tairons plus, et réaffirmons notre soutien sans faille au peuple palestinien et à sa résistance face à la colonisation, aux massacres et au génocide, qui lutte toujours héroïquement et dénonçons les centaines de milliers de morts à Gaza, les milliers de morts dans le reste de la Palestine, ainsi qu’en Syrie, en Iran et au Liban.
Soutenir la Palestine n’est pas un crime. La Palestine vivra et la Palestine vaincra !
Nous rappelons enfin la liste des organisations qui ont soutenu la mobilisation pour le soutien à Alex ce mardi :
Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire, Jeunes Révolutionnaires, Fédération Syndicale Étudiante, Ligue Anti-Impérialiste, Comité Féminin Populaire, Coordination Nationale des Comités Populaires d’Entraide et de Solidarité, Partizan, Avrupa Göçmen Emekçiler Birligi, Solidaires Étudiants, Union pour la Reconstruction Communiste, Jeunesse Communiste, Comité de Soutien à la Révolution aux Philippines, Peaux Noires Ligne Rouge, Supernova, Cumitatu di Ricustruzzione d’u Partitu Cumunistu, Union Communiste Libertaire, Young Struggle France, Organisation de Solidarité Trans, Decolonial News, À l’Assaut du Ciel, Union des Démocrates Musulmans, Ceini Hnyei, Comité de Défense de la Palestine – Lyon, Comité de Défense de la Palestine – Rennes 2, Secours Rouge Toulouse, Stop Arming Israel Lyon, Mouvement Kanak en France – Lyon, La Fosse aux Lyons, Ka Ubuntu, Yeni Demokratik Gençlik – Strasbourg, Collectif Palestine libre, Collectif Cri d’Océanie, Free West Papua, Comité Jeunes pour le cessez-le-feu en Palestine – La Rochelle, Association France Palestine Solidarité 13, Union Juive Française pour la Paix, Gaza Friendly, OSE CGT, Arles pour la Palestine, Révolutionnaires Autonomes Fièr.es Antifas et Lycéen.nes – Lyon, Comité Palestine Hérouville, Union pour la Palestine – Marseille, Groupe Antifasciste Villefranche 69, Limousin Solidarité Palestine, Cellule de Mobilisation Paris pour la Kanaky, Comité Action Palestine, Comité Palestine Paris Sorbonne, Amiens Antifa, Jeunes Communistes Bouches-du-Rhône, Rennes Décolonial et Populaire, Association France Palestine Solidarité 02, Union Étudiante Lyon, Comité Palestine Inter PSL, Comité Palestine Paris 4, Comite Palestine Unistras, Comité de soutien à la Palestine Nanterre, La Brèche


