Après des semaines d’un agenda de propagande de grande ampleur, la déferlante impérialiste s’est à nouveau abattue sur l’Iran, ce samedi 28 février. Cette intervention de la superpuissance yankee intervient deux mois quasiment jour pour jour après l’attaque de la nation vénézuélienne et le kidnapping du président Nicolás Maduro.
Au cours de cette attaque au lourd bilan humain et logistique, plusieurs figures clés du gouvernement iranien ont été tuées par des bombardements ciblés, notamment le chef d’État-major des Armées, le ministre de la Défense, le chef du CGRI, mais surtout le Guide Suprême Ali Khamenei, dont la mort a été confirmée dans la nuit de samedi à dimanche. À nouveau, les États-Unis agissent à l’encontre de leur propre constitution et du droit international.
Si la nation iranienne se retrouve aujourd’hui sous les bombes, c’est pour payer l’affront qu’elle a fait subir à la superpuissance yankee et à son chien israélien en juin dernier, lors de la « guerre des douze jours ». Après une attaque surprise de l’État sioniste, l’Iran avait eu l’audace de riposter et de mobiliser autour d’elle l’ensemble de « l’Axe de la résistance » dans une réponse régionale globale, faisant trembler les intérêts impérialistes et les États réactionnaires arabes, craignant la destruction.
La nation et l’État iranien restent, avec les résistances palestinienne et libanaise, la principale épine dans le pied des politiques impérialistes-sionistes de colonisation du proche orient et d’expansion de l’État d’Israël. Après l’humiliation subie par Israël lors de la guerre des douze jours, il ne pouvait y avoir qu’une réponse plus violente, mieux préparée et directement menée par l’ogre yankee pour accélérer les plans de renversement du régime iranien. C’est ainsi que la presse bourgeoise nous fait miroiter depuis des mois la possible arrivée de Reza Pahlavi au pouvoir, héritier du trône impérial d’Iran et fils du tyran Mohammad Reza Pahlavi. Péché encore plus grand, l’Iran est le seul pays à soutenir matériellement et politiquement la résistance palestinienne, qui depuis tant de décennies contre-carre les plans de l’impérialisme états-unien et de son laquais sioniste en Palestine occupée.
L’attaque amorcée ce 28 février marque le début d’une campagne guerrière qui, selon les États-Unis, durera « au moins une semaine ». Le premier bilan des bombardements font état de plus de 200 morts et 750 blessés, d’après le Croissant-rouge iranien, dont plus de 108 dans une école primaire de filles, au sud du pays. C’est au moins 20 des 32 provinces du pays qui ont été ciblées.
La riposte iranienne ne s’est pas faite attendre, le régime considérant justement que toutes les bases et installations états-uniennes et israéliennes dans la région constituent des cibles militaires légitimes. Comme lors de la guerre des Douze Jours, l’État iranien assume donc clairement que l’occupation militaire US du Moyen-Orient est prétexte à l’escalade régionale du conflit et qu’il ne se laissera pas écraser sans résister pleinement. Le jour même sont donc ciblées des installations militaires israéliennes et états-uniennes en Israël, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn, en Jordanie, en Arabie saoudite et au Koweït. Beaucoup d’habitants de ces pays se sont d’ailleurs réjouit en voyant ces frappes. Par ces frappes, l’Iran pousse les pays du golfe à s’opposer à la guerre voulu par les Etats-unis et Israel.
Le corps des Gardiens de la révolution a déclaré que le porte-avion « Abrahal Lincoln » de l’US Navy, qui avait été déployé comme menace contre l’Iran depuis plusieurs jours, a été frappé par des missiles iraniens, ce que les États-Unis démentent pour l’instant. En parallèle de la riposte militaire, l’Iran décide de fermer l’accès au Détroit d’Ormouz, par lequel transite plus de 30 % du commerce mondial de pétrole.
Le caractère illégal de l’attaque ne peut aujourd’hui plus surprendre grand monde, tant la légalité internationale n’est plus imposée qu’aux états vassalisés ou soumis à l’ordre impérialiste. Les impérialistes assument désormais de ne s’y soumettre qu’en fonction des nécessités de leur agenda. Dans le même sens, les diplomates occidentaux et la propagande médiatique bourgeoise se sont d’ailleurs fait un plaisir d’inverser le jour même la charge de la responsabilité de l’attaque. Chez nous, le président Emmanuel Macron a d’ailleurs indiqué en Conseil de défense que sa priorité était « d’être aux côtés de tous les pays qui sont aujourd’hui touchés par la riposte iranienne ou qui sont menacés par celle-ci dans leur intégrité territoriale, leur souveraineté ».
Cette attaque démontre une nouvelle fois la lâcheté des impérialistes yankee, qui peuvent se targuer de toucher l’intégralité du globe sans impacter outre mesure leur population civile, disposant de plus de 800 bases militaires, réparties dans 177 pays. Les États-Unis profitent ici d’une brèche évidente dans le dispositif iranien, intervenant au lendemain des grandes manifestations d’opposition et de la répression qui a secoué le pays au début de l’année, dont des fractions entières sont sans conteste alimentées par les interventions impérialistes-sionistes.
Ici, les peuples d’Iran doivent savoir que leur destin ne réside qu’entre leurs mains ; que dans tout processus de lutte, les facteurs internes sont toujours les facteurs déterminants. La fraction d’opposition monarchiste est aujourd’hui clairement démasquée comme des traîtres à la nation, qui pactisent avec le diable et assassinent plus de 100 jeunes filles pour retrouver leur trône.
De l’autre côté, chacun peut voir l’impasse de l’« attente stratégique » qui a coûté à l’Iran bon nombre de ses dirigeants et de son influence politico-militaire dans la région, dans toutes ses conséquences.
À l’heure où nous écrivons cet article, les frappes contre les bases américaines installées dans les États réactionnaires arabes continuent, et s’étendent à de nouveaux pays tels que Chypre. Sur tout le territoire de Palestine occupée, les sirènes d’alarme sonnent en permanence, laissant présager une âpre réponse militaire iranienne. Un comité de direction sous la direction d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil Suprême de sécurité nationale a été formé dans la foulée. Au sein des peuples de la région, les masses rejettent l’agression américano-sioniste. À Karachi, au Pakistan, des centaines de jeunes protestataires ont tenté de prendre d’assaut l’ambassade états-unienne : une foule a escaladé le portail principal et pénétré dans l’allée menant au bâtiment consulaire, brisant plusieurs vitres. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants, faisant 8 morts. En Irak, pays martyr de l’occupation impérialiste, le peuple tente de prendre d’assaut les bases américaines du territoire, et plusieurs manifestations de masse éclatent dans la région, Iran compris. L’attaque du 28 février pourrait bien porter en elle des conséquences cataclysmiques pour l’ordre impérialiste.
Deux ans et demi après le début de l’Opération du Déluge d’al-Aqsa, ses conséquences sur l’équilibre de la région ne font que grandir vers une fin irrémédiable du statu quo impérialiste. La chute du régime assadiste en Syrie, la destruction de l’image d’Israël à l’international et sa fuite en avant dans la guerre perpétuelle et la mort de Khamenei s’inscrivent tous dans cette dynamique. La nation iranienne va devoir faire la part des choses entre la lutte interne pour la direction et les garanties de souveraineté aux plans d’invasion qui se préparent dont l’opération d’hier n’est qu’une première phase. Tout au long de son histoire récente, l’Iran a subi les sautes d’humeur des puissances impérialistes qui ont fait et défait ses gouvernements, au prix de sa souveraineté et de prise sur son destin. Aujourd’hui, le seul choix qui s’ouvre pour le pays ne peut être que la continuation et l’intensification de la guerre de résistance, car aucune confiance ne saura jamais être accordée aux bouchers de Washington.









