Ce dimanche 17 Mai à été commémoré à Paris le dirigeant communiste Ibrahim Kaypakkaya, fondateur du TKP/ML (Parti communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste) et initiateur de la Guerre Populaire en Turquie.
Plus de 60 personnes se sont réunies au centre culturel Dersim pour cette évènement. Plusieurs jours auparavant, les militants de la Jeunesse Communiste d’Aubervilliers ont réalisés des graffitis portant les slogans suivant : « L’Acier n’oubliera jamais l’eau qui l’a trempé ! Ibrahim Kaypakkaya : présent ! » ou encore « Camarade Ibrahim Kaypakkaya, la lutte continuera ! ».



L’évènement, coorganisé avec les camarades de Partizan, débute par une minute de silence en hommage à tout ceux qui ont donnés leurs vies dans la révolution en Turquie.
La Jeunesse Communiste prend ensuite la parole et déclare « Nous participons aujourd’hui à cette projection dans le plus pure esprit prolétarien, nous estimons qu’en tant que jeunes militants révolutionnaires qui luttent dans un centre impérialiste, arborer l’internationalisme prolétarien est une tâche centrale de notre lutte […] Ibrahim Kaypakkaya à su avec brio surmonter la dispersion des forces communistes et reconstituer le Parti communiste de Turquie, le TKP/ML et initier la Guerre Populaire il y a 54 ans. En déclenchant la guerre populaire, Ibrahim Kayppakaya, qui avait embrassé le Maoïsme, à allumé une flamme qui brûle toujours en Turquie et qui représente l’espoir des larges masses prolétarienne et paysanne. »
Le camarade poursuit :
« Alors, 53 ans plus tard, les choses n’ont pas changés, le souvenir d’Ibo ne peut être brisé, nous qui en France luttons pour la Révolution Socialiste devront apprendre de lui, nous devons nous en servir d’exemple : lui qui à reconstitué son Parti, qui a initié la lutte armée, qui n’a pas trahit ne serait-ce qu’un secret en prison et qui à seulement 24 ans a donné sa vie pour la Révolution Prolétarienne Mondiale et pour l’émancipation humaine.
Nous sommes fiers de rendre hommage à Ibrahim Kaypakkaya, figure du Marxisme de notre époque, nous sommes fières de lutter coudes à coudes avec nos camarades de Turquie.
Nous savons que malgré les difficultés, rien n’est impossible pour ceux qui osent partir à l’assaut du ciel et qui ne baissent pas le drapeau rouge ».
Après la déclaration de la JC, la Ligue anti-impérialiste à également prit la parole soulignant que : « Devant nous se trouvent deux voies :
Celle qui est prise par les forces opportunistes et capitulationistes, trahissant les rêves et les aspirations de libération et d’émancipation des masses, c’est l’intégration toujours plus forte aux vieux États réactionnaires, l’abandon de la voie de la guerre populaire et de toute prétention révolutionnaire. Ces vendeurs de tapis craignent notre époque, car ils ont de moins en moins d’espace pour maintenir leurs positions, leur réformisme armé ou leur fausse libération nationale.
L’autre voie, c’est celle tracée par Ibrahim Kaypakkaya, celle prise par les communistes du monde entier à l’appel de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne et du Président Mao Zedong. La guerre populaire est une torche dans la nuit, l’espoir vers lequel les yeux se tournent, et les difficultés sont pour cette stratégie le contraire de la défaite : elles sont les obstacles inévitables que les masses et le Parti du prolétariat surmontent et transforment pour passer « 15, 20, 50 ans de guerre civile pour changer non seulement les conditions existantes mais pour se changer eux-mêmes et se rendre aptes à la direction politique » (Marx).
C’est la voie des guerres populaires au Pérou, en Inde, en Turquie, aux Philippines et partout où elles se préparent à bouleverser le vieux monde !
Voyons ce qui est neuf et en train de naître : l’unité anti-impérialiste du Congrès Mondial de la LAI !
Célébrons cette victoire comme il se doit en développant notre activité au sein de nouvelles luttes, en portant haut notre drapeau sur tous les continents et partout où les peuples se soulèvent contre l’impérialisme. Notre drapeau est celui des partisans rouges ! Il ne sera jamais le drapeau blanc de la capitulation ! »
Un représentant du centre culturel Dersim à également prit la parole, soulignant l’importance de la jeunesse dans la nécessité de relever le drapeau rouge e de la révolution et de poursuivre la lutte malgré les difficultés.
Après ces prises de parole, une camarade de Partizan à donné une formation sur l’importance idéologique d’Ibrahim Kaypakkaya.
Cette formation s’est organisée autour de plusieurs points : premièrement une contextualisation historique expliquant la fondation de la République de Turquie sur la base du Kémalisme, une idéologie fasciste drapé en progressisme par la bourgeoisie compradore.
S’en est suivit un point sur les années 1960 et l’émergence de différents courants révolutionnaires et les débats qui les ont traversés, le principal étant celui entre les partisans de la Révolution de Nouvelle Démocratie et ceux défendant une révolution socialiste « immédiate ».
La troisième partie à été consacré à la vie d’Ibo et sa lutte pour démasquer le révisionnisme, en particulier celui « de gauche », sa lutte contre l’opportunisme et pour la construction d’un Parti de type nouveau reposant sur l’alliance entre la classe ouvrière et la paysannerie dans le cadre d’une guerre populaire prolongée.
L’accent à été mit sur l’importance des apports théoriques d’Ibrahim Kaypakkaya, mais aussi de sa lutte pratique, participant à la fois au mouvement étudiant, aux grèves ouvrières ainsi qu’aux luttes paysannes qui ont secoué la Turquie en ce temps.
Enfin, la dernière partie à été consacré à la rupture de 1972, date à laquelle à été fondé le TKP/ML et de l’initiation de la Guerre Populaire.
Les conclusions d’ibo qui ont conduit à la fondation du TKP/ML ont été présentés points par points :
- La révolution ne se fera ni par les élections ni par les voies parlementaires, mais par une confrontation directe avec l’État.
- Les soulèvements urbains isolés sont faciles à écraser ; la lutte doit donc s’appuyer sur la paysannerie et se développer dans les campagnes.
- La politique légale et parlementaire ne suffit pas ; le mouvement révolutionnaire doit construire une organisation clandestine et disciplinée.
- La répression du mouvement ouvrier révèle la nature de classe de l’État et montre que l’armée se tient du côté des classes dominantes.
- La véritable force révolutionnaire réside dans la classe ouvrière et le peuple travailleur, et non dans des « officiers progressistes » ou des juntes militaires.
- Ce ne sont pas de petits groupes d’intellectuels qui feront la révolution, mais les masses populaires organisées.
Le dernier point de la formation à été consacré aux apports théoriques d’Ibrahim Kaypakkaya, à savoir :
1) l’analyse du Kémalisme comme étant une forme de fascisme.
2) la critique du courant « foquiste » prétendant qu’un petit noyau de révolutionnaires en arme peuvent déclencher une guérilla qui débouchera sur une prise de pouvoir sans la construction d’un Parti, d’une armée et d’un front uni d’organisation de masse. Ibo rappelle ici que « le fusil est guidé par la politique et non l’inverse ».
3) La question Kurde a également été abordé, mettant en avant la ligne qui à été défendue par Ibo, à savoir celle de la juste lutte du peuple Kurde pour son droit à l’autodétermination.
4) l’application de la stratégie universelle de la guerre populaire aux conditions de la Turquie, à savoir une révolution reposant sur une guérilla principalement rurale, reposant elle même sur l’alliance entre la paysannerie et la classe ouvrière.
Après cette formation, le film « guérilla, quatre saisons » a été projeté.
Ce documentaire, tourné en 2014 à Dersim, suit une unité de guérilla de la TIKKO.
Il présente l’intégration d’un nouveau combattant dans l’unité, la transformation difficile que cela implique : apprendre à manier les armes, se cacher mais aussi marcher dans les montagnes, faire un feu sans fumée, mais aussi développer des activités culturelle et de formation politique, se lier toujours plus aux masses et bien sûr combattre l’ennemi.
Après la projection de ce documentaire, l’auditoire a écouté la chanson « Heval » de Awazé çiya.
Les participants se sont ensuite levé et ont chanté L’internationale en rendant hommage aux héros du Prolétariat tombés dans la guerre populaire.
Un mot à été dit en la mémoire du camarade Ahmet, ayant vécu et lutté à Paris avant de retourner en Turquie pour participer à la révolution, où il à été immortalisé.
Un camarade à conclut l’hommage en rappelant la nécessité d’arborer l’internationalisme Prolétarien, de développer et renforcer la solidarité avec les guerres populaires en cours, en particulier en Inde. Il a également été rappelé que le meilleure appuie que nous pouvons fournir en France est de faire la Révolution Socialiste dans notre propre pays, comme partie de la Révolution Prolétarienne Mondiale.
Enfin, il à été rappelé que la malgré toutes les scissions, trahisons et capitulations, le TKP/ML se tient debout et persiste fermement sur la ligne de la guerre populaire, du Marxisme de notre époque, et que cette persistance doit être une source d’inspiration pour tout révolutionnaire à travers le monde.


