Le 13 janvier 2026, notre camarade Alex, militant de la Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire (LJR), passera en procès pour sa défense de la cause palestinienne, sa lutte contre le génocide du peuple palestinien, après une longue série de tentatives d’intimidation à son encontre de la part de l’État français, collaborateur actif des génocidaires sionistes.
Interpellation par la police judiciaire en plein aéroport, perquisition antiterroriste, garde-à-vue de 48 heures, suspension de son travail et de la fonction publique de manière officieuse, interdiction de manifester jusqu’à son procès, fermeture de ses comptes bancaires : rien n’aura été épargné à Alex pour tenter de le briser politiquement afin qu’il renie son soutien à la Résistance nationale palestinienne.
Après plus de deux ans de génocide, le vrai visage de l’État impérialiste français et sa justice de classe n’a jamais été aussi visible de tous. Pour encercler politiquement les défenseurs de la Palestine, l’État français n’a pas hésité à faire entorse à sa propre légalité pour réduire au silence, délégitimer, et terroriser le plus largement possible.
Rien que la date initiale du procès d’Alex, qui devait avoir lieu le 13 mai 2025, est éloquente dans cette démarche : ce devait être le jour de l’anniversaire de la Nakba, soit l’évènement où plus de 750 000 Palestiniens ont dû fuir le nettoyage ethnique orchestré par les milices sionistes en 1948. Blague de mauvais goût ou tentative d’intimidation peu subtile, nous laissons nos lecteurs faire leur propre conclusion.
En outre, la répression administrative dans laquelle s’inscrit la suspension du contrat d’Alex est une forme emblématique de cette offensive accrue contre les militants pro-palestiniens et progressistes en général. On ne peut s’empêcher de penser aux dernières révélations concernant la collaboration active d’organismes publics comme la CAF dans le ciblage et la répression d’activistes politiques : Alex a ainsi vu ses allocations sociales versées par la CAF, comme ses APL, être arbitrairement suspendues. On assiste également, de façon de plus en plus récurrente, au gel des comptes bancaires, ou encore aux mesures de surveillance appuyées, touchant de plus en plus de personnes dans l’espace public et dans la sphère privée.
Il faut aussi relever l’emploi généralisé des mesures antiterroristes contre des militants politiques depuis les circulaires lancées par le ministère de l’Intérieur sous Gérald Darmanin. Un discours prononcé sur un camion en fin de manifestation peut conduire à 48 heures de GAV, une perquisition et à 11 mois de chômage forcé. Des actions visuelles de soutien peuvent conduire à une perquisition systématique et une inscription au fichage de la DGSI1.
Ces méthodes ne sont pas nouvelles, elles ont tapissé l’histoire de la 5e République bourgeoise et de l’État français en général. De plus en plus, les méthodes de répression policière les plus brutales et les plus spectaculaires sont généralisées à l’ensemble de l’espace public.
Ce procès est aussi celui de Mahdieh Esfandiari. Mahdieh, qui a été kidnappée chez elle par la police française, avant d’être envoyée croupir en prison sans même informer ses proches dans des conditions déplorables pendant 8 mois. L’État français, si prompt à donner des leçons au régime iranien, n’a pourtant pas hésité à enfermer Mahdieh sans procès, l’utilisant sans vergogne comme monnaie d’échange dans le cadre de la négociation de la libération de plusieurs Français emprisonnés en Iran2. Réprimée pour avoir soutenu la Résistance palestinienne, le cas de Mahdieh n’a été rendu public qu’après des semaines de recherche de ses proches et grâce au travail journalistique de Shahin Hazamy – qui a lui aussi été réprimé pour avoir soutenu la Palestine.
L’incarcération est, pour l’heure, une des tactiques les plus brutales que peut utiliser l’État français pour tenter de rompre la détermination d’un militant. Dans un futur très proche, elle sera plus répandue que jamais, car c’est la dernière arme que peut utiliser la bourgeoisie dans sa forme de gouvernement « démocratique » actuelle. Son utilisation pour punir un délit qualifié originellement par le droit français de délit de presse ne fait que confirmer la barbouzerie générale à laquelle se livre la répression dans notre pays à l’encontre de tous les militants attachés à la dignité humaine et à l’émancipation.
Le procès d’Alex et de Mahdieh, à l’instar des procédures judiciaires encourues par tant d’autres défenseurs de la cause palestinienne, comme Yamin Makri, Shahin Hazamy, Timothée Esprit, Jean-Paul Delescaut, François Burgeat, Elias d’Imzalene, Omar Alsoumi ou encore Anasse Kazib, est un symptôme de plus de la réactionnarisation croissante de la bourgeoisie française. Laisser un seul d’entre nous seul face à la justice, c’est se condamner à tomber plus tard sous le couperet de la justice de classe. Tant de personnes isolées ont écopé de peines beaucoup trop lourdes et ont subi l’humiliation de la justice dans le silence général. À nous de nous organiser et de mettre en commun nos forces pour tous ces réprimés anonymes et en soutien au peuple palestinien. Ne tombons pas dans le piège de l’État de nous concentrer seulement sur la défense des réprimés et d’oublier pour qui nous nous battons !
Aujourd’hui, plus que jamais, il est vital de développer des outils de solidarité nationaux pour se défendre face à la répression. L’État et ses chiens de garde savent que l’unité et notre implantation dans les larges masses populaires sont notre seul bouclier face à leurs attaques. Ainsi le processus en cours de lancement d’une coordination nationale anti-répression, pour lutter contre la criminalisation du mouvement de défense de la Palestine, est une étape importante.
Nous appelons ainsi dans un premier temps à nous mobiliser massivement pour soutenir Alex et Mahdieh le 13 janvier 2026 en nous rassemblant à 12 h 30 devant le tribunal de Paris, ainsi que Francois Burgat3 qui passe en procès en appel le 14 janvier à Aix-en-Provence. Dans cet esprit, chaque arrestation, chaque procès, chaque tentative d’incarcération doit être le théâtre d’une mobilisation nationale pour la défense des réprimés. Si l’État français tente de nous asphyxier, nous lui montrerons que nous avançons au rythme que nous choisissons. Et alors, nous verrons qui fera plier qui.
Soutien au camarade Alex et à tous les réprimés pour la Palestine ! Brisons l’encerclement de l’État ! Soutenir la Palestine n’est pas un crime !
1 Direction générale de la Sécurité intérieure.
2 Cécile Kohler et Jacques Paris, accusés d’espionnage par l’Iran, y ont été détenus de 2022 à 2025.
3 Ancien directeur de recherche au CNRS, spécialiste du monde arabe. François Burgat est notamment la cible de l’extrême droite sioniste car ses recherches s’attaquent aux théories racistes de la « violence islamique ». Suite au 7 Octobre 2023, il a notamment affirmé sur Twitter : « J’ai infiniment, je dis bien infiniment plus de respect et de considération pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’Etat d’Israël. » Son procès politique pour « apologie du terrorisme » a eu lieu en 2025, il a été relaxé en première instance mais l’affaire sera rejugée en appel le 14 janvier.


