Éditorial n°84 : « L’optimisme révolutionnaire est matériel, il est le reflet de la compréhension de l’époque »

C’est avec un optimisme révolutionnaire débordant que nous vous présentons le numéro 84 de la Cause du Peuple, reflet du développement des forces subjectives de la révolution prolétarienne en France et dans le monde. L’optimisme révolutionnaire est matériel, il est le reflet de la compréhension de l’époque, celle d’une nouvelle vague de révolutions qui va changer l’Humanité à jamais. C’est avec cet esprit que nous fêtons le 1er Mai, la journée internationale du prolétariat en lutte. Les guerres génocidaires, les crises sociales, écologique, la réactionnarisation et la fascisation des sociétés sont un des aspects de la révolution ; tandis que les guerres populaires et résistances nationales invincibles, les soulèvements et insurrections représentent l’autre aspect. Ce second aspect est le principal, il exprime le fait que les forces subjectives – celle qui vont en finir avec l’impérialisme – sont déjà là, en mouvement ascendant chaque jour plus puissant.

Le monopole médiatique représentant les intérêts de la grande bourgeoisie essaye de plonger les masses dans le pessimisme et la réaction, en manipulant les esprits par une propagande réactionnaire sans commune mesure dans l’Histoire. Le mensonge, la bêtise, la soumission, le conformisme, la négation de la science se conjuguent avec le développement de la répression de tout ce qui s’insurge contre l’état du pays et du monde. L’unique but de tous ces appareils est le maintien du système social génocidaire et barbare anti-peuple, l’impérialisme.

Peine perdue : la révolution prolétarienne est un processus objectif qui se développe hors de la volonté de toute force, elle est le résultat des contradictions internes à l’impérialisme. Nous savons que ce sont les masses qui font l’Histoire, Les masses populaires sont toutes-puissantes, elles peuvent tout. Ce sont elles qui font l’Histoire, ce sont les véritables Héros. Plus que jamais les peuples du monde sont disposés à assumer la lutte, à vivre l’enfer s’il le faut, refusant la capitulation et la soumission. C’est une des vérités transcendantes de notre époque.

L’impérialisme US, principal ennemi de tous les peuples du monde, n’a plus gagné une guerre depuis 1945 : toutes ses guerres de rapines et ses aventures coloniales se sont brisées face à la résistance des peuples et nations opprimés. De la guerre de Corée, en passant par le Vietnam, l’Irak, l’Afghanistan, jusqu’à aujourd’hui l’Ukraine, le Liban, le Yémen, l’Iran : tout démontre que les impérialistes sont des tigres de papier. Sur les cinq continents, les masses préparent leur libération et leur vengeance face aux siècles d’oppression et d’humiliations impérialistes.

Alors, comment ne pas être optimiste quand, après d’immenses souffrances, la Résistance palestinienne refuse de déposer les armes et règle stratégiquement le sort du sionisme ? Nous devons l’affirmer toujours plus fort : le développement de la révolution prolétarienne mondiale est un fait objectif, il ne peut avoir d’aggravation du chaos impérialiste sans son contraire. La révolution se constitue de deux grands vortex qui doivent absolument s’unir : le mouvement prolétarien dont les guerres populaires1 montrent le chemin pour l’émancipation totale ; et les luttes de libération nationale, qui représentent son cœur actuel, avec principalement les résistances nationales dans le grand Moyen-Orient.

Particulièrement, la guerre populaire en Inde connaît des difficultés liées la nouvelle époque, mais elle tiendra car sa direction, le Parti Communiste d’Inde (maoïste), son héroïque combattant, a une grande expérience et est lié avec les masses les plus exploitées du pays. Plus important encore, les révolutionnaires d’Inde ne sont pas seuls. La réaction indienne, et avec elle tous les réactionnaires, sont encerclés des vastes masses du monde qui les détestent et n’attendent que le bon moment pour les renverser.

En France aussi, les milliardaires, la bourgeoisie, les Macrons et consorts sont encerclés. La preuve étant c’est qu’ils ont dû reculer sur la réforme du 1er Mai uniquement du fait de la perspective de déclencher le chaos. La grande bourgeoisie est condamnée à pousser à des gouvernements de plus en plus répressifs afin de conjurer sa propre crise. Ce processus de réactionnarisation, dont la base est la crise économique, se développe en crise sociale et politique d’une profondeur jamais vue. Tout cela ne peut que développer la lutte des classes. La nécessité de restructurer le vieil État et la vieille société accentue le processus révolutionnaire en développement inégal. Les révoltes, les mouvements sociaux, les grèves – mais aussi, et nous devons le comprendre, la violence, les gangs, le racisme, etc. – font partie de sa complexe dialectique.

Nous devons être clairs sur une chose : la révolution ne peut advenir, malgré tout cela, sans que le prolétariat, entraînant les larges masses populaires, ne se reconstitue en Parti Communiste, État-major et avant-garde de la révolution socialiste. Les conditions objectives et subjectives de la révolution en France sont mûres pour de grands développements mais tout cela va être difficile, complexe, fait de détours et de défaites.

Ainsi, l’optimisme révolutionnaire est une fleur à cultiver incessamment. La grande bourgeoisie ne rendra jamais les armes et se battra jusqu’à la mort, par tous les moyens à sa disposition. Il n’y a pas de paix des braves dans la révolution ; le prolétariat est condamné à vaincre, la bourgeoisie le sait plus que quiconque. La situation va être de plus en plus intense, les élections présidentielles de 2027 marqueront, et ce peu importe le vainqueur, un nouveau développement de la lutte des classes, et donc de la réaction.

Nous devons être catégoriques sur un point : il n’y a pas de danger fasciste immédiat. La réactionnarisation est un processus qui existe depuis que la bourgeoisie est passée dans le camp de la contre-révolution, depuis juin 1848. Le fascisme s’imposera comme solution à la bourgeoisie quand le prolétariat en armes disputera directement le pouvoir d’État. Les tâches vont être de développer un puissant front tactique défendant les droits démocratiques et l’esprit antifasciste, afin de répondre aux attaques de la réaction qui, désespérée, va les amplifier.

Face à tous ces défis, une nouvelle génération de communistes et de révolutionnaires s’acharne à organiser les masses partout où elles désirent lutter. C’est le chemin lumineux que nous devons suivre.

Ce numéro est donc l’expression puissante du retour du Mouvement Communiste en France et dans le monde. Le Communisme, toujours aussi lumineux, est un phénix qui ne peut mourir, car il exprime la résolution de la contradiction entre l’impérialisme et les peuples du monde, entre le travail et le capital. Aucune propagande ne peut le tuer, aucune police ne peut le faire taire, aucun génocide ne peut le détruire. Le véritable ennemi vient toujours de ses propres rangs, de ceux qui décident de renier les principes, de liquider la grande idée, de capituler face aux difficultés. La nouvelle génération de communistes sera fidèle et cultivera les principes que nous a légués l’immortelle Commune de Paris et ses joyeux Communards : « Jamais nous ne rendrons les canons de la butte Montmartre ».

Assumons l’époque et nos responsabilités, servons le peuple et la révolution de tout notre cœur !

Vive le 1er Mai !

1Inde, Turquie, Pérou, Philippines.

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