Nous partageons ici un communiqué reçu du Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité (CPES) du Mirail, à Toulouse.
Début Janvier, nous avons été informés par des habitants que le démarrage des travaux de démolition de l’immeuble Messager, un des piliers du Mirail de plus de 260 logements, reconnu et visité par des architectes du monde entier, était imminente. Le lundi 12 janvier nous avons donc organisé, aux côtés du collectif Stop Démolition et du collectif des architectes en défense du patrimoine Candilis au Mirail un rassemblement aux pieds de l’immeuble.
La démolition de Messager s’inscrit dans le cadre du plan de destruction du quartier du Mirail, et qui concerne tant d’autres quartiers populaires dans notre pays, et face auquel nous avons développé un contre-projet démocratique portant la rénovation. Messager, comme d’Indy, comme Gluck, ça n’est pas seulement du métal et du béton, c’est un trésor inestimable de souvenirs, de joies et de peines, des familles, des amis, des repas entre voisins. C’est l’architecture Candilis, qui offre des appartements spacieux et bien organisés pour un prix abordable pour des travailleurs. Il faut le rappeler car c’est la classe ouvrière, celle qui bati tout et qui ne possède rien, qui a construit de ces mains ces immeubles. C’est elle qui extrait le calcaire et l’argile pour fabriquer le ciment, c’est elle qui le façonne pour monter étage par étage ces grandes tours. Et aujourd’hui, ce sont eux, leurs enfants et leurs petits-enfants qui peuplent ce quartier et qu’on expulse petit à petit.
On détruit pour reconstruire plus petit et plus cher, pour changer les têtes comme certains ont pu dire. Pourtant on nous parle d’une crise du logement. On passe des années à attendre sur les listes d’accès aux logements sociaux, on se ruine dans des loyers déjà beaucoup trop chers qui ne font qu’augementer alors qu’au même moment, en cette période de grand froid à Toulouse plus de 1500 personnes sont restées sans solution malgré un appel au 115, dont plus de 350 enfants scolarisés qui survivent à la rue ou en squat.
Comment est-ce possible ? Parce que pour maintenir ses profits, la bourgeoisie Française, ses promoteurs, ses spéculateurs immobiliers doit entretenir une certaine rareté dans la construction de logements. C’est pourquoi elle limite au minimum la construction de logements sociaux ou l’entretien des immeubles. La construction d’appartements, de locaux avec des matériaux solides qui durent longtemps s’inscrit contre la spéculation. La bourgeoisie préfère laisser les bâtiments se dégrader, les démolir et reconstruire pour toucher le jackpot. De toute façon, les bourgeois ne s’intéressent pas à l’état de ces logements puisqu’ils ne les habitent pas ! Ainsi, ce projet de démolition est prétendument « justifié » par l’état de délabrement apparent des façades, produit de l’abandon sans entretien depuis de nombreuses années. Cela ne concerne en aucun cas ses structures constructives restées indemnes.
Ce bâtiment a résisté à l’explosion d’AZF. Il ne fait l’objet d’aucun arrêté de péril et ne présente donc pas de caractère d’insalubrité. Une procédure en justice est en cours depuis deux ans pour abandon d’entretien à l’encontre du bailleur, portée par les derniers copropriétaires privés. Rappelons au passage que tout récemment l’immeuble Gluck a été démoli contre la réserve émise par le commissaire enquêteur.
Suite au rassemblement, le collectif des architectes en défense du patrimoine CANDILIS au Mirail, le collectif STOP DEMOLITIONS, la CNL 31, le DAL31, le conseil citoyen Reynerie, la LDH, la Libre Pensée 31, le CPES du Mirail, avec des universitaires et des architectes ont écrit une lettre, dont ce communiqué est en partie issu, au préfet pour qu’un moratoire aux démolitions soit appliqué a minima jusqu’aux prochaines élections municipales et que soient étudiées des solutions de réhabilitation sans démolition face aux projets actuel de destruction de l’immeuble Messager et de tous les immeubles de logements sociaux concernés par des projets de démolition sur Toulouse, quand il ne font pas l’objet d’un d’arrêté de péril.
Aujourd’hui nous ne décidons rien alors que nous sommes la majorité qui produit tout. Ce n’est que lorsque la société sera aux mains des travailleurs que nous pourront résoudre la question du logement !
Stop aux démolitions !
Réquisition des logements vides !




