Nous partageons ici un texte que nous avons reçu des organisations de résidents à Toulouse, en prévision des futures élections municipales. Ces dernières appellent à un grand débat sur le logement social pour le samedi 7 février.
Le collectif des architectes en défense du patrimoine CANDILIS au Mirail, le CPES (Comité Populaire d’Entraide et de Solidarité) du Mirail, le collectif STOP DEMOLITIONS, la CNL 31, le DAL31, le conseil citoyen Reynerie, la LDH, la Libre Pensée 31, avec des universitaires et des architectes, appellent à un débat à l’occasion des prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2026 en y invitant tout les candidats.
Depuis 2021, nous nous sommes adressés à la mairie de Toulouse ainsi qu’aux porteurs des différents projets de démolitions concernés : Conseil départemental, maîtres d’ouvrage et ANRU, pour demander une mise à plat des projets et un moratoire aux démolitions des immeubles Candilis, Josic Woods au Mirail et un concours d’architecture et d’urbanisme en lien avec les populations pour évaluer des solutions de rénovation sans démolition. En effet cette demande concerne plusieurs milliers de logements sociaux. Rappelons qu’en 2017 le rapporteur de la commission d’enquête publique avait émis un avis défavorable à ce projet de démolitions, en indiquant que le projet prévoyait “une démolition d’immeubles alors que leur réhabilitation conduirait à garder de grands logements sur le quartier et que la demande de logements sociaux est importante sur l’agglomération.” et demandait à ce qu’une “véritable concertation soit mise en place avec la population pour la requalification du quartier de la Reynerie”
Depuis lors et malgré le soutien de notre démarche par des milliers de professionnels, architectes, urbanistes et ingénieurs, celui de centaines d’habitants et des associations (CPES, DAL, CNL, assemblée des quartiers, LDH, pas sans nous, et des membres du conseil citoyen…) celui de grands prix d’architecture, de prix Pritzker (équivalent du prix Nobel pour l’architecture) comme Jean Philippe Vassal et Anne Lacaton, grands prix de l’urbanisme, des responsables d’associations inter-nationales comme DOCOMOMO, malgré les soutiens des conseil régional et national de l’ordre des architectes, les tenants de la démolition en charge de la gestion municipale ont poursuivi imperturbablement leur dessein, faisant fi des arguments écologiques, sociaux, économiques, architecturaux et patrimoniaux justifiant cette demande et démontrant son urgence. Tout récemment ceux-ci ont même outrepassé les conclusions de la dernière commission d’enquête en juillet 2023 demandant d’exclure de la démolition l’immeuble tripode Gluck à la Reynerie (quartier du Mirail), en le faisant démolir : plus de 260 logements de conception exemplaire totalement réhabilitables réduits à la poussière !
Le maire sortant de Toulouse, M. Moudenc, a déclaré pour justifier les démolitions dans son interview par Stéphane Oddos pour Kansei TV le 10 mars 2025 en réponse à la question : « Qu’est-ce qui nous amène à choisir la démolition ou au contraire la réhabilitation ? » voilà ses deux arguments :
«La réhabilitation c’est lorsque c’est rattrapable sur le plan physique lorsque l’on peut garder un logement garder un bâtiment et faire en sorte que les logements soient sobres énergétiquement après les travaux.… parfois il y a des logements qui sont vraiment très vieux qui sont devenus des passoires énergétiques et donc on ne peut pas les rattraper à ce moment il vaut mieux les démolir et construire des logements neufs aux normes d’aujourd’hui… »
« Il y a aussi un autre critère qui intervient parfois et qui aboutit à la démolition c’est lorsque dans le plan d’évolution du quartier… le bâtiment constitue un obstacle, il faut dégager la vue il faut recréer de la perspective recréer de la transparence pouvoir végétaliser…».*
Nous nous interrogeons sur les arguments formulés et proposons d’en discuter dans un débat contradictoire. Nous invitons tous les candidats à venir écouter les habitants, les collectifs, les associations, et à répondre aux questions qui se posent légitimement autour de l’avenir de notre ville. Nous estimons qu’un tel débat s’inscrit pleinement dans le débat des élections municipales prochaines. Nous souhaitons donner à ce débat le caractère de sérieux à même de permettre à chacun de se prononcer démocratiquement sur ces questions à travers leur vote (ou non). Nous rendrons publiques les réponses apportées par les différentes listes. Nous tenons à informer toute la population et invitons la presse à rendre compte de ce débat qui sera retransmis en direct.
Rendez-vous le samedi 7 février 2026 à 14h, maison Toulouse service reynerie, 1 Place Conchita Grangé-Ramos (metro Reynerie) !


