Éditorial n°83 : 2026 : le grand retour des Communistes

Nous sommes dans des temps de catharsis où la vérité, ce qui est conforme au réel, apparaît sans fioriture. Dans ces moments historiques, les masques tombent et nous pouvons aller au fond des choses. Plus que jamais nous nous devons d’y aller.

En Amérique latine, l’impérialisme se montre tel qu’il est : finies les ONG, l’ONU et la coopération, finie la carotte ; seul le bâton compte. L’ogre est insatiable, il a besoin des humains et de la terre pour survivre à sa propre décomposition. L’enlèvement du Président Maduro est le visage de la situation désastreuse dans lequel sont plongés tous les impérialistes, et en premier lieu la super puissance hégémonique : les USA. Elle doit sécuriser son arrière-cour, l’Amérique latine, monopoliser ses ressources et continuer à passer le collet autour du cou chinois. Un accord passager sera passé avec les Russes, qui sera une défaite poutinienne et actera la colonisation par la Russie à l’est et la semi-colonisation de l’Ukraine par l’OTAN à l’ouest. La « coalition des volontaires », qui s’est réunie à Paris début janvier, a acté l’envoi de troupes en Ukraine. La France, comme puissance impérialiste, se réserve sa part du gâteau sur le dos de la nation ukrainienne. L’impérialisme français se met en position avec l’espoir de rafler la mise lors d’une hypothétique et périlleuse guerre pour dépecer la Russie.

Les Chinois, tout autant en crise, se démènent pour tenter de prendre la main face aux USA, mais le Grand Satan ne va pas leur laisser une once de marge de manœuvre. Partout où les Chinois iront, les USA seront là. Mais la Chine en crise n’a pas le choix, elle doit conquérir de nouveaux marchés pour tenter de conjurer ses bases internes instables. Tout cela pousse chaque jour plus le monde vers une troisième guerre mondiale de repartage colonial du globe, où le butin sera les nations dominées.

Mais, derrière le brouhaha de ce début 2026, 2025 aura été l’année d’une vague d’immenses révoltes dans le monde entier, où pas un continent n’a été épargné. Les masses du monde, conscientisées par des décennies d’agression impérialistes, de destruction de leurs droits, de morts et de famines, se mettent en mouvement et actent le retour de l’actualité de la révolution prolétarienne. La glorieuse Palestine, la torche des peuples, a montré avec le légendaire Déluge d’Al-Aqsa qu’une organisation sérieuse, précise, minutieuse et un lien très fort avec les masses rendent n’importe quel mouvement populaire invincible. Le sionisme, comme création artificielle du Grand Satan, est en mort clinique : il sera l’un des premiers à s’effondrer quand arrivera le grand nettoyage de la guerre populaire mondiale. Dans ce printemps des peuples, sortant de la nuit impérialiste, les guerres populaires dans le monde montrent le chemin lumineux à suivre pour en finir avec l’impérialisme. Les situations complexes qu’affrontent celles-ci sont seulement l’expression du changement de période, le nouveau est toujours dur à enfanter. Les guerres populaires portent la grande révélation du Marxisme : le pouvoir est au bout du fusil. Le Congrès de fondation, en ce début d’année, de la section française de la Ligue Anti-Impérialiste (LAI) vient sonner chez nous l’ère d’un nouveau mouvement anti-impérialiste, afin de construire le front international face à l’impérialisme.

En France, l’année 2025 aura été un reflet de cette situation historique que le monde affronte. Nous vivons le crépuscule du Macronisme qui aura été une totale faillite, ratant la restructuration de l’économie et de l’État, attisant la lutte des classes comme jamais depuis des décennies. Son pathétique règne aura été marqué par un développement de la réactionnarisation et de la militarisation comme seule réponse à la crise multiforme de l’impérialisme français en décomposition. La phase d’instabilité politique ouverte avec la dissolution aura au moins forcé la grande bourgeoisie à montrer à la face du peuple son vrai visage de parasite égoïste et imposant sa volonté à l’État, confirmant comme jamais la théorie marxiste sur l’État développée par Lénine. Le caractère de classe de l’État bourgeois apparaît toujours plus au grand jour, détruisant le mythe de la puissance publique au-dessus de tout. La politique se fait bien à la corbeille. N’en déplaise au général de Gaulle, héros des réactionnaires, la solution ne peut se trouver dans une nouvelle constitution, mais seulement dans la lutte pour la conquête du pouvoir par la classe ouvrière. L’immonde grande bourgeoisie ne partagera rien, l’heure pour le prolétariat est à l’expropriation des expropriateurs. L’élection présidentielle de 2027 ouvrira un nouveau bond dans la lutte des classes pour forger une classe ouvrière combattante prête à assumer la reconstitution du Parti Communiste. Le boycott de la mascarade électorale sera un acte central de la scission de « la nation prolétaire de la nation bourgeoise » (Marx).

Sur notre colline, le mouvement septembriste a assurément amorcé le retour du mouvement populaire organisé rompant avec le spontanéisme, c’est un fait historique dans un pays marqué par l’anarchie des pulsions insurrectionnalistes. En changeant de forme, en passant du spontané à l’organisé (avec plus d’un mois d’assemblées populaires partout dans le pays), le mouvement a trouvé ses propres limites dans une organisation uniquement fédéraliste. Ce dépassement salutaire s’est transformé en son contraire exprimant, lui aussi, l’archaïsme de cette forme dans la lutte des classes actuelle. C’est un fait que face à l’État, État-major centralisé de la réaction, un mouvement planifié par le bas, sans une direction unifiée pouvant guider les masses populaires en mouvement, ne peut qu’échouer face à l’immense mobilisation policière. Ce mouvement a montré dans les faits ce que nous affirmons au quotidien : le prolétariat, les masses populaires, nécessitent impérativement de reconstituer le Parti Communiste comme État-major des opprimés.

Il est vrai que nous comprenons le rejet des formes politiques actuelles de « la gauche », qui sont toujours dans l’opportunisme du verbe et la lâcheté de l’action. C’est pour tout cela qu’une nouvelle jeunesse se prend de passion pour le Communisme et monte à l’assaut de la vieille France avec une fougue incommensurable. Malgré les dizaines d’arrestations, la répression judiciaire, elle reste fidèle aux principes en portant, avec le feu combatif, la Révolution socialiste et l’anti-impérialisme dans les usines, les quartiers populaires, la rue, les facs, partout où l’oppression se fait sentir. Forts de l’expérience accumulée dans un quotidien de lutte où fleurissent mille actions et mille mobilisations, elle s’est donnée comme mission de reconstituer la glorieuse Jeunesse Communiste au printemps 2026.

De grandes luttes se dessinent, des luttes dures et complexes, qui accentueront la scission du socialisme avec l’impérialisme. De mobilisations en manifestations, de grèves en émeutes, avance la confrontation directe entre le travail et le capital. Nos tâches urgentes, car elles le sont, sont de lutter pas à pas afin de rallumer le feu endormi du prolétariat, en partant à l’assaut des usines, en organisant les syndicalistes prolétaires, en renforçant notre présence dans les quartiers populaires, en développant la lutte idéologique et politique dans les facs, en combattant partout l’oppression qui frappe. Mais aussi en développant un vaste mouvement de défense des droits démocratiques, afin de conjurer l’encerclement de la réaction. Ne ménageons pas nos efforts, ne doutons pas, l’époque est de braise, les mauvais jours sont en train de passer, l’assaut du ciel se prépare chaque jour avec l’ardeur du nouveau voulant triompher de l’ancien. La joie doit nous animer, car partout des camarades luttent. Une nouvelle page de l’histoire se lève en ce moment même au fin fond du Brésil, où des paysans pauvres oubliés de tous portent à bout de fusil le nouveau monde. Nous marchons ensemble comme une seule âme.

Par ce programme, 2026 sera un millésime exceptionnel pour la lutte des classes en France comme partie de la Révolution Prolétarienne Mondiale. Nous vivons assurément le grand retour du Mouvement Communiste.

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