Vendredi 30 janvier, une soixantaine d’étudiants ont repoussé avec courage une vingtaine de militants fascistes venus tracter et agresser des étudiants à la gare de Nanterre université.
Depuis sa fondation en 2015, la Cocarde étudiante s’est illustrée comme la principale milice fasciste défendant les intérêts du patronat dans les universités françaises. Contrairement à l’UNI (autre organisation étudiante d’extrême droite) qui essaye de se cacher derrière une image de syndicat de la « droite républicaine », la Cocarde étudiante ne cache pas ses liens avec les pires figures et organisations du fascisme français, comme le Groupe union défense (GUD), notamment impliqué dans l’assassinat en plein Paris du rugbyman Federico Martín Aramburú en 2022.
Le mode opératoire de la Cocarde est récurrent : ils viennent en nombre devant une fac, masqués et avec des gants coqués, des gazeuses et tendent leur torchon raciste aux rares étudiants qui acceptent de le prendre. Tout cela n’est qu’un prétexte pour venir sur les facs passer à tabac des étudiants qu’ils jugent immigrés, et des militants de gauche pour les intimider. Par ailleurs, plusieurs membres de la Cocarde sont des habitués des ratonnades, des expéditions punitives dont le but est de passer à tabac des personnes maghrébines.
Malheureusement pour ces racistes dégénérés, ils trouvent le plus souvent face à eux des étudiants révoltés par leur présence, qui les repoussent et les mettent en déroute ; comme à Nanterre en mars 2025, où seule l’intervention de la police (qui montre définitivement son camp lors de tels affrontements) leur a permis de s’enfuir la queue entre les jambes.
Et c’est encore une fois la fac Nanterre que les chemises brunes ont choisi comme cible, ce vendredi 30 janvier. Comme à leur habitude ils sont venus en nombre, 25 selon le décompte d’un antifasciste.
Mais la réponse antifasciste ne s’est pas fait attendre : les étudiants, dont de nombreux militants de la Fédération Syndicale Étudiante (FSE), ont réagi rapidement, en débrayant plusieurs amphis avec des interventions au mégaphone. En quelques minutes plus de 60 étudiants et étudiantes se sont rassemblés face aux militants fascistes.
Face à la masse d’étudiants rassemblés, la Cocarde s’est repliée dans la gare RER où ils ont commencé à tabasser un jeune. Les étudiants rassemblés sur le parvis les ont donc poursuivis pour lui porter secours ; c’est alors que les vigiles de la fac (qui jusque-là s’étaient bien gardés d’intervenir) ont tenté d’empêcher les étudiants d’accéder à la gare. L’un d’entre eux a au passage tenu des propos assimilant fascistes et antifascistes.
Malgré tout, les masses étudiantes ont réussi à rentrer. La Cocarde, sentant qu’elle allait bientôt être totalement débordée, s’est comportée comme le chien acculé qu’elle est, agressant plusieurs militants. Un militant de la FSE a reçu plusieurs coups par les fascistes, qui lui ont arraché le mégaphone qu’il tenait, laissant son doigt en sang. Une autre étudiante a reçu plusieurs coups à la tête. Ils ont également fait usage de gazeuse contre les étudiants en première ligne.
Malgré cette violence, les étudiants mobilisés n’ont pas baissé la tête et ont continué à crier avec courage les slogans antifascistes, rejoints par de plus en plus de personnes sur les quais. Une nouvelle fois, seule l’intervention de la police va sauver les fascistes de l’humiliation totale, en devant les escorter jusqu’au train. Les étudiants ont fêté leur victoire sur les quais avant de retourner sur le campus.
Au sortir de la gare RER, les étudiants mobilisés sont tombés sur une trentaine de trotskystes du Poing levé et de l’UNEF Tacle (tendance de l’UNEF dirigée par le NPA-R), scandant leurs slogans bien loin de l’action – et des risques. Mais au cours de la soirée, l’UNEF Tacle sort une publication sur Instagram pour revendiquer la victoire contre les fascistes. Intéressante façon de voir les choses ! Les commentaires d’étudiants agacés par leur opportunisme ont rapidement été censurés, la Tacle étant visiblement plus à l’aise avec la comm’ sur internet que l’affrontement dans la vraie vie. De son côté, le Poing levé, organe de jeunesse de Révolution Permanente (RP), a fait ce qu’elle fait de mieux : qualifier la mobilisation des masses étudiantes « d’action minoritaire ». Entendez par là que ça a un peu trop chauffé pour RP, qu’ils ont eu peur et ont été incapables de montrer le même courage que la soixantaine d’étudiants mobilisés, rien de plus – et rien de moins… Mais les faits sont têtus : le 30 janvier, à Nanterre université, les étudiants ont choisi l’action plutôt que les caméras de Révolution Permanente, qui était, elle, bien minoritaire. Ces évènements ne peuvent que rappeler les hauts faits de RP en région parisienne en matière d’opportunisme et de couardise.
Même la très réformiste et cogestionnaire Union étudiante a suivi les masses dans la gare, preuve de plus – s’il en faut – que l’inaction et la lâcheté des trotskystes n’attire plus personne.
Les événements de Nanterre ont mis en évidence deux choses.
Premièrement, que la seule manière de lutter efficacement contre les milices fascistes est de faire front avec les masses autour d’une ligne courageuse, ferme et combative. Les fascistes ne sont pas les bienvenus dans les campus universitaires et les étudiants révolutionnaires, les syndicalistes et les progressistes de Nanterre feront toujours front contre les agressions et actions de l’extrême-droite.
La deuxième est que nous n’avons rien à attendre des trouillards permanents trotskystes lorsqu’il s’agit d’antifascisme – ou de quoique ce soit d’autre.


