Liberté pour Mumia Abu Jamal !

Mumia Abu Jamal est né le 24 avril 1954 à Philadelphie, aux États-Unis. Dès 14 ans, il proteste contre George Wallace, alors en lice pour les élections présidentielles, un démocrate raciste et suprémaciste. Malgré la violente répression, il poursuit son engagement et tente de renommer son lycée « Malcom X », ce qui lui vaut d’être fiché par le FBI.

Dans les années 1960, il rejoint la section locale du Black Panthers Party (BPP). En 1969, il acquiert des responsabilités, à l’information et la communication. A cette époque, il est visé par les manœuvres du Cointelpro, l’organisation de contre-insurrection en charge des missions d’infiltration et de contre-espionnage ; notamment tristement célèbre pour avoir utilisé la drogue pour détruire les communautés où le mouvement révolutionnaire était fort.

Au cours des années 1970, Mumia Abu Jamal quitte le BPP et devient journaliste radio, toujours à Philadelphie. Son travail met en avant la réalité sociale de sa classe et donne la parole aux communautés marginalisées et réprimées de sa ville. Il documente régulièrement les violences racistes et les crimes policiers, ainsi que la corruption de la bourgeoisie locale. Mumia dérange et fini par être renvoyé d’une des radios pour lesquelles il travaille.

Il devient alors chauffeur de taxi de nuit, pour subvenir aux besoins de sa famille. En 1981, en rentrant d’une course, il est pris dans une fusillade mêlant son petit frère -William Cook- et plusieurs policiers. Un des policiers est tué et Abu Jamal est grièvement blessé à l’abdomen. Il est interpellé et déclaré coupable de la mort de l’agent à l’issue du procès, sur fond d’incohérences dans le discours de l’accusation et forte suspicion de montage policier. Mumia Abu Jamal est donc condamné à mort le 3 juillet 1982.

Depuis sa geôle, Mumia Abu Jamal continue d’exprimer son soutien à la lutte des classes et aux mouvements antiracistes aux Etats-Unis et à l’international ; d’étudier et d’écrire des textes politiques ; et surtout de lutter pour sa propre l’annulation de sa condamnation et sa libération. A deux reprises, les mobilisations en sa faveur lui permettent d’échapper à la peine capitale et sa condamnation à mort est finalement annulée en 2011, après de nombreux recours judiciaires et campagnes de soutient. C’est une victoire partielle, car elle n’empêche pas le plan d’assassinat à long terme du militant.

Il passera cette année sa 45ème année d’incarcération. Âgé de 71 ans, il dénonce ses conditions d’incarcération et notamment le manque de soins fourni par l’État, qui pourraient bien le rendre aveugle à cause d’une cataracte mal pris en charge, lui ôtant entre autres la possibilité de poursuivre ses écrits.

Mumia Abu Jamal fait partie d’une génération de révolutionnaires qui n’ont jamais baissé le drapeau, et qui continuent à lutter malgré l’enfermement. Le mouvement révolutionnaire doit intensifier la campagne pour protéger la vie de Mumia et éviter son assassinat à long terme par l’Etat états-unien réactionnaire.

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