L’année commence bien pour les sangsues du marché de l’énergie. Les prix du baril de pétrole ne cessent d’augmenter. Après les attaques criminelles des US contre le peuple iranien, l’Iran a pris la décision stratégique de bloquer le détroit d’Ormuz par lequel passent 25 % du commerce pétrolier mondial. Cette stratégie n’as pas pour but d’assécher les US en pétrole car ils n’en ont pas besoin pour leur marcher intérieur, ils sont producteurs et possèdent des stocks immenses en réserve. Le but est de générer suffisamment de déséquilibre dans le marcher mondial pour que les pays du monde entier (en particulier les pays du Golf qui ne peuvent plus vendre ainsi que les gros importateurs comme la Chine et l’Inde) appliquent des pressions commerciales et diplomatiques sur les US pour faire renoncer à la bête ses projets d’agression. Malgré que la propagande pro-US dans les médias en Europe pose le blâme de l’augmentation des prix sur l’Iran, la faute vient clairement des états impérialiste et cela doublement, d’abord par les agressions injustes et criminelles contre des états souverains et deuxièmement par le système économique capitaliste lui-même. Nous avons déjà élaboré sur le premier point dans d’autres articles alors nous allons ici traiter du second.
En effet cette augmentation du prix des hydrocarbures n’est pas due à des manques de stocks causés par le blocus du détroit d’Ormuz ou la multiplication des attaques sur les sites pétroliers et gaziers de la péninsule arabique. Il s’agit d’abord de spéculation des monopoles de l’énergie pour augmenter leur dividendes en profitant criminellement de la préparation psychologique des masses qui s’attendent à des hausses de prix car bombardés par les messages alarmistes de la bourgeoisie et ses médias.
On nous raconte que le marché de l’énergie fonctionne sur un rapport d’offre-demande à base de libre concurrence, de main invisible et de poudre de perlimpinpin. En réalité elle est entièrement dirigée par les états producteurs de pétrole et leurs monopoles comme Shell, ExxonMobil, Total, BP etc. Chaque année, les monopoles du pétrole (jusque dans les années 70 dans des formes de cartellisation directe avec l’OPEC puis depuis la révolution islamique et la crise du pétrole des années 70 par une entrée directe des US dans les marchés du pétrole avec une nouvelle forme de financiarisation2) établissent entre elles des quotas de production que ce soit dans des accords publiques ou sous la table et ce sans tenir compte de la demande réelle, des nécessités écologiques ou des lois internationales. Ces accords font que les marchés sont en grande partie contrôlés en rendant le pétrole « rare » pour faire gonfler artificiellement les prix de cette ressource et maximiser leurs profits. La cartellisation est une caractéristique du stade monopoliste et impérialiste du capitalisme comme Lénine l’as décrit dans son ouvrage « Impérialisme stade suprême du capitalisme ». Ici avec l’industrie du pétrole nous en avons un cas d’école. Les états qui passent des lois anti-cartels (mollement défendues) limitent le seuil de contrôle de marché à 50 %. Intuitivement on peut penser que il faudrait atteindre 50 % pour contrôler un marché par la cartellisation mais en réalité contrôler 25-30 % c’est amplement suffisant pour contrôler les marchés en fonctionnant en oligarchie de monopoles. Et les maigres manœuvres qui limitent certaines hausses des prix dans des situations exceptionnelles (comme la récente politique d’augmenter la production dans les raffineries de 10 % en France ou le fait de sortir une partie des réserves stockés) sont faites pour maintenir la stabilité des états face aux potentiels rébellions populaires. Pendant que le monde souffre, les monopolistes se frottent les mains et se remplissent les poches.
Les US se présentent au monde comme « les garants de la sécurité des ressources pétrolières » qui sont d’ailleurs tardé principalement en dollars (d’où la notion de « pétrodollars »). En réalité loin d’être des chevaliers blanc du pétrole, ils ne font que suivre les intérêts de leur empire. Depuis les attaques contre le Venezuela pour leurs ressources pétrolières, ils ne trompent vraiment personne sur leurs motivations en attaquant l’Iran un autre grand producteur de pétrole. Les dynamiques monopolistes à l’échelle mondiale sont scandaleuses. Alors que les US sont un des foyers majeurs de gisements de pétrole, les yankees ont adopté la stratégie de préservation de leurs ressources pétrolières nationales pour avoir un levier puissant sur le marché mondial. Cela leur donne un pouvoir de spéculation immense. Comme dans un jeu de cartes, ils gardent leurs As en main.
Les principaux acheteurs comme l’Inde ou la Chine s’essoufflent dans leurs essors industriels, et sont directement touchés par les spéculations pétrolières du marché mondial. Mais l’économie chinoise est cruciale pour les US et cette interdépendance fait que les US sont bien obligés de composer avec les nécessités du marché mondial jusqu’au moment de déclencher la guerre inter-impérialiste.
En France particulièrement, la hausse des prix est clairement spéculative, car un des plus grands monopoles pétrolier du monde, Total est une entreprise française. La France possède 3 mois de stocks d’avance en cas de pénurie, d’autant plus que la production électrique française est majoritairement assurée par le nucléaire (62 % environ, en comparaison des 3 % indiens). En France comme partout dans le monde tous les monopoles ont profité de la situation de montée des prix du pétrole pour augmenter leurs prix, devançant de loin les quelconques perturbations matérielles de la production.
Début mars, la CGT a alerté sur le scandale de l’augmentation drastique du prix de l’essence.« En France, alors qu’il y a plusieurs mois de réserves de pétrole, en plus des réserves stratégiques, les prix de vente à la pompe explosent. Si l’on compare le coût de production au litre des compagnies pétrolières (0.60 € HT) et les prix affichés en station (2€ le litre de gasoil), on peut mesurer l’écart qui va principalement dans les profits des grands groupes pétroliers qui représentent au total 200 milliards de dollars en 2025. »1
C’est donc les masses qui vont une fois de plus payer le prix de la crise en conséquence directe des manœuvres d’agression de la bourgeoisie monopoliste pendant que les monopoles du pétrole se frottent les mains avec les gros billets qu’ils se font par le raquet des masses. Depuis 2022, l’augmentation catastrophique du prix du litre d’essence fait partie intégrante de la baisse de la qualité de vie, dans un système où l’inflation augmente, sans augmentation des salaires.
La bourgeoisie française se souvient très bien que la dernière fois qu’ils ont serré la gorge des masses avec les prix du pétrole, le mouvement des Gilets Jaunes leur a explosé au visage. Alors pourquoi ne pas imposer de limitations sérieuse des prix ? Il y a quelques années ça aurait été la politique d’une pseudo-gauche bourgeoise type Mitterrand pour stabiliser leur régime, mais cela devient de plus en plus infaisable car pour rester un état impérialiste il faut être un prédateur et pouvoir concurrencer les autres. Alors on voit Macron faire son spectacle et se lancer comme un fou dans chaque brèche possible pour nous embarquer dans des guerres.
Notre époque est celle du pourrissement de l’impérialisme. Les contradictions entre la nécessité de la bourgeoisie à garder une stabilité des états tout en maintenant des profits toujours croissants pour les monopoles vont s’aggraver menant la réactionnarisation mondiale des états bourgeois. A cette réactionnarisation et à ces politiques austères se confronteront les soulèvements des masses à travers le monde. La bourgeoisie n’as plus de perspectives de progrès, plus de « prochaine étape du capitalisme ». Nous ne sommes plus à l’époque « George Bush » de politiques de réorganisations des pays dissidents à l’impérialisme en lançant des guerres pour « renverser des dictatures » et pour « amener la démocratie ». Aujourd’hui la politique impérialiste se résume à générer de l’instabilité, générer des guerres pour simplement détruire, créer le chaos car dans le chaos et la confusion ils rallongent d’un court instant la survie de leur classe. La politique de nos classes dominantes est de courte vue car leur existence même arrive à sa fin.
1https://www.cgtetat.fr/societe-959/economie-fiscalite/article/face-a-la-speculation-sur-l-energie-encadrer-les-prix-des-carburants-et
2 https://www.econstor.eu/bitstream/10419/192165/1/dp181.pdf


