À Tours et à Rennes, les étudiants font trembler le CROUS

Depuis le début de la rentrée 2025-2026, le Ministre de l’Enseignement Supérieur tente d’augmenter drastiquement le loyer des résidences CROUS. Quand bien même le loyer de ces logements parfois insalubres et dégradés sont la principale cause de la précarité étudiante, les conseils d’administration des CROUS sont bien décidés à mettre en place cette pratique pour faire payer à la jeunesse étudiante le prix de la crise. Une décision qui n’a pas manqué de susciter une riposte immédiate.

Cette mesure s’inscrit dans la tendance de ces dernières décennies : la destruction du service public en cherchant à rentrer dans des logiques de rentabilité et l’expulsion des plus précaires. En conséquence, les prix des CROUS se rapprochent de plus en plus de ceux du privé. Ces directives intolérables du Ministère de l’Enseignement Supérieure sont d’ores et déjà appliquées dans certaines résidences CROUS de France, et continuent d’être votées dans les conseils d’administration de plusieurs villes du pays. Dans plusieurs villes, les organisations étudiantes n’ont pas manquées de se mobiliser. Si des rassemblements et des communiqués ont déjà eu lieu au cours des derniers mois, la mobilisation passe un cap nouveau dans le mois de mars.

À Tours, où les logements réservés aux étudiants précaires sont le théâtre de coupures d’eau, d’électricité et de chauffage, mais aussi de moisissures et autres nuisibles, le CA du CROUS d’Orléans-Tours n’a pas pu officialiser en paix ce nouveau crachat à la figure de la jeunesse. À l’appel de la section tourangelle de la FSE, une vingtaine d’étudiants ont envahi le CA, dans le but d’annuler le vote et d’exiger les rénovations nécessaires dans les résidences insalubres. Une mobilisation qui a fait face à une réponse brutale des représentants du CROUS, qui n’ont pas hésité à utiliser la violence physique, des insultes ainsi que la police contres les activistes, mais qui a porté ses fruits. Pendant 45 minutes de lutte, les étudiants ont réussi à faire capituler le CA. Le vote a été ajourné, et un rendez-vous avec le rectorat a été obtenu pour négocier avec le syndicat étudiant.

Un mois plus tard, à Rennes, le CA du CROUS Bretagne devait voter la même mesure. Même vote, même obstacle, 7 étudiants organisés ont pu pénétrer dans la salle du vote, en marge d’un rassemblement d’une quarantaine de personnes devant le rectorat de Rennes, appelé par l’Union Pirate (UP), la FSE et le Poing Levé (LPL). Face à une direction méprisante et à des tentatives d’intimidation similaires, avec une pression forte de la police ainsi que de la sécurité du rectorat, les étudiants ont tout de même réussi à obtenir le report du vote, la rectrice battant en retraite.

Ces actions sont de petites victoires face à l’administration du CROUS, mais sont porteuses de grandes leçons. C’est grâce à la combativité et l’action sur le terrain qu’on fait reculer les mesures anti-peuple, c’est en débordant du cadre, c’est-à-dire troubler la tranquillité de la bourgeoisie, habituée à la passivité et à la mollesse des luttes étudiantes habituelles. À Tours comme à Rennes, les étudiants organisés montrent la voie de ce qui devrait être la norme de toute lutte économique visant la victoire : rendre la vie de la bourgeoisie impossible.

Voir aussi

Dernières actualités de la lutte