Toulouse : Vérité et Justice pour Samy Boukkalfa !

Il s’appelait Samy Boukkalfa. Il avait 28 ans lorsque, alors qu’il rentrait de soirée en scooter avec l’une de ses amies dans l’aube du 22 septembre 2023, il fut percuté par un camion de livraison sur le boulevard de la gare. Lancé à 66 km/h, un camion de ce genre ne pouvait qu’entraîner une issue fatale. Cet accident d’une rare violence provoqua la mort, sur le coup, de Samy ainsi que de graves blessures pour son amie. Alertés par des témoins, les secours sont intervenus entre les pièces du scooter qui jonchaient le sol.

Sauf que les témoins dont parlent les articles de la Dépêche sont les policiers qui, quelques minutes auparavant, avaient déclenché leurs gyrophares lumineux pour prendre les deux passagers en chasse, sous prétexte que la passagère ne portait pas de casque. La suite est malheureusement bien familière : les deux caméras de vidéosurveillance n’ont pas pu être exploitées, l’affaire fut classée rapidement sans suite, par une justice qui venait de condamner des centaines de jeunes qui s’étaient révoltés quelques mois plus tôt à la suite de l’assassinat de Nahel.

Aujourd’hui, la famille vit dans un deuil impossible. Sans connaître la vérité sur cet événement tragique, comment aller de l’avant ?

Cette affaire nous montre que, bien loin d’être une idée pure et abstraite, la justice est toujours une justice au service de la classe dominante. Pourquoi en France, un Florian Menesplier, l’assassin de Nahel, ressort blanchi et millionnaire alors qu’un Christophe Dettinger, boxeur qui a défendu le peuple pendant le mouvement des Gilets Jaunes, passe 1 an en prison ? Pourquoi est-ce que pour Samy comme pour Bilal et tant d’autres, un épais brouillard se lève dès lors que la police est impliquée d’une manière ou d’une autre ? Pourquoi est-ce que la vidéosurveillance, bien utile pour traquer le moindre voleur de vélo, se retrouve inopérante dans ce genre de cas ? Pourquoi l’accès à la justice, à ses rouages, et aux soins psychologiques nécessaires à la suite d’un tel traumatisme sont aussi difficiles pour l’immense majorité de la population ? Le premier aspect de la réponse, c’est que Samy était un prolétaire, brancardier de formation puis téléconseiller, issu d’une famille algérienne. Comme Bilal, c’était un homme connu pour son altruisme, au service du peuple. Le second, c’est que la police, bras armé de l’État bourgeois, est impliquée d’une manière ou d’une autre dans l’accident.

Il y a environ 6 mois, le dossier a été réouvert par le tribunal suite aux demandes de l’avocat de la famille dénonçant le flou de l’affaire. Quoiqu’il se soit passé ce soir là, la famille de Samy a le droit de connaître la vérité. Il s’agit là de l’un de ces droits démocratiques des plus élémentaires et qui est pourtant privé à la majorité des larges masses de ce pays. Seule la lutte révolutionnaire pour un État aux mains des travailleurs peut garantir ce droit démocratique pour tous, et pour faire en sorte qu’il n’y ait plus d’autres noms qui viennent s’ajouter à ceux de Nahel, Bilal, Samy et de tous les autres assassinés par les chiens de l’État.

Vérité et Justice pour Samy !

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