A la fac de lettres de Limoges, Clément Beaune n’est pas le bienvenu

Le mercredi 28 janvier, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de Limoges, les activistes des Jeunes Révolutionnaires (JR) et de la Fédération Syndicale Étudiante (FSE) ont réservé un accueil bruyant à Clément Beaune.

Cet ancien ministre des transports, aujourd’hui Haut-Commissaire à la Stratégie et au Plan, s’est rendu à Limoges dans le cadre d’une conférence organisée à la FLSH appelée « La nuit du futur ». La FLSH s’est d’ailleurs bien gardée d’en faire la publicité, préférant écrire sur son affiche « Une soirée de débats autour de la jeunesse et de la santé environnementale », prévoyant sans nul doute de duper une partie de l’auditoire. C’était sans compter sur les activistes de JR et de la FSE qui sont intervenus avant le début de la conférence pour tracter devant l’amphithéâtre.

En effet, que vient faire un pion de la politique macroniste, politique de destruction de la nature, de militarisation de la jeunesse, de destruction de nos avenirs ? Quelle est sa légitimité à parler de « jeunesse » et de « santé environnementale » dans une fac qui subit depuis des années des coupes budgétaires, des suppressions de postes d’enseignants, de licences ? Il a donc été accueilli à coups de sifflets, de discours au mégaphone et de slogans dans l’amphithéâtre pendant plus d’une demi-heure. Mal à l’aise, l’équipe organisatrice a dû céder : Beaune n’a pas pu faire son discours introductif. Le maire de Limoges, Émile-Roger Lombertie, réactionnaire de la pire espèce qui pense que les habitants des quartiers populaires sont des « bêtes »1, était lui aussi présent dans la salle. Au bout de 10 minutes de vacarme, il a lui-même quitté discrètement la salle, exaspéré par cette jeunesse qui a raison de se révolter !

Les activistes sont restés dans la salle pour veiller à ce qu’il ne puisse pas reprendre la parole. L’envoyé d’Emmanuel Macron a bien essayé, à la fin de la conférence, de dire quelques mots au micro, mais il a été accueilli à nouveau par des sifflets et des slogans par les activistes vigilants.

1 À la suite de révoltes dans le quartier du Val de Laurence le 14 et le 18 juillet dernier, ce dernier avait par exemple déclaré sur CNews : « En milieu musulman, si le père est absent, c’est un des garçons qui commande, comment voulez-vous qu’un enfant de huit ans soit chef de famille ? », ou encore chez Boulvard Voltaire : « Quand on considère les gens comme des bêtes et qu’on les laisse libres comme des bêtes, ils ont des comportements de bête, c’est-à-dire qu’ils perdent tout ou partie de leur humanité pour se contenter du côté obscur ».

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