Sur l’ICE et le Führerprinzip

La décomposition de l’impérialisme est une crise permanente en développement inégal. Nous voulons signifier par là que les moments de stabilisation sont relatifs, mais que la crise, elle, est absolue. Elle se développe par bonds, passant d’une apparente stabilité, phase d’accumulation, à un bond qui prend la forme d’une crise aiguë. Pendant des années, l’économie semble stable, des lois anti peuples sont promulguées, des mouvement populaires adviennent mais échouent, les conscience semblent stagner, l’Océan endormi. D’un coup toute la lente accumulation de contradictions, passant de crise en crise, se développe à une vitesse vertigineuse. Les crises s’enchaînent, les bourgeois redeviennent ce qu’ils sont : des réactionnaires fascisants, les peuples se lèvent et luttent. Tout le vieux monde est déstabilisé, nous avons l’impression que tout va beaucoup plus vite et c’est le cas. Le moment actuel est celui d’une accélération de la crise, d’un bond, qui est une contradiction, comme toute chose, entre l’ancien et le nouveau. L’aggravation de la crise économique pour l’impérialisme nécessite de restructurer la vieille société, car cela ne peut pas se faire sans un processus de destruction-reconstruction. De l’autre côté, le processus de destruction de « l’ancienne » société pour « une nouvelle » plus conforme au besoin des grands monopoles, réactive la lutte des classes avec une nouvelle base, de nouvelles formes, même si certains absolus demeurent, notamment la nécessité de doter le Prolétariat et les masses populaires d’un Parti Communiste, d’une organisation, État-major du processus révolutionnaire.

Les impérialistes n’aiment pas le chaos, déstructurer la stabilité sociale, le consensus bourgeois, tout cela est très dangereux. Mais ils n’ont pas le choix. Chaque impérialiste fait ses plans pour triompher dans le repartage colonial du monde. Cette lutte inter-impérialiste pousse vers la guerre impérialiste, tous les monopolistes, les politiques à leurs services, le savent, ils doivent donc être prêts. Il faut détruire le droit du travail pour reconquérir des parts de marché, et se préparer à la guerre impérialiste en s’armant comme jamais dans l’Histoire. L’aspect principal est que pour faire une guerre il faut de la chair, beaucoup de chair, le combat est donc de briser la société, principalement son cœur la classe ouvrière, pour qu’elle accepte l’inacceptable, de mourir dans des tranchées sous le feu massif des concurrents désignés de nos empereurs de la finance.

C’est dans ce cadre que nous voyons, aux USA, une police aux ordres directs de l’exécutif se comporter exactement comme la Gestapo venant rafler dans la rue ou chez elle, toute personne correspondant aux critères des services de l’immigration. Cette Gestapo US a un nom que tout le monde connaît, ICE. Elle n’est pas récente et date de 2003 suite aux attentats du World Trade Center. A noter que les attentats de 2001 avaient permis aux USA de légitimer 20 ans de guerre de rapine contre les nations du tiers-monde. Guerre à l’extérieur et contrôle à l’intérieur, donc. Nous devons aussi noter qu’OBama a expulsé plus 3 millions d’immigrés sous son règne. Il n’y a pas de liberté que celle des monopoles de continuer à piller les peuples du monde et le prolétariat.

Ce qui change c’est que cette police, n’est plus seulement un instrument politique électoraliste et régulant les forces productives en éliminant un trop plein de main-d’œuvre, mais bien un agent du chaos dans la société US. Elle crée la terreur, elle montre à tous que la loi n’est que la loi des maîtres. La bourgeoisie viole ses propres lois en permanence, en temps de stabilité elle peut garder un vernis légal, mais en période d’accentuation de sa propre crise, elle doit appliquer le Führerprinzip. Ce principe central du régime Nazi est l’idée que toute autorité légitime émane du chef suprême et non de la « souveraineté nationale », de la constitution, de la loi, de la séparation des pouvoir, en un mot du système politique démo-libéral bourgeois issue de la Révolution française. Le droit n’est pas supérieur au Führer, c’est les décisions du chef qui deviennent automatiquement la loi. Nous comprenons que ce principe totalement imposé appartient aux pratiques du fascisme. Pour que cela advienne il faut briser la classe ouvrière en la rendant impuissante en écrasant ses organisations et en là corporatisant. L’interdiction des organisations politiques, des associations, la répression syndical, la loi au service de la police et non l’inverse, la négation de la liberté d’expression, la lutte idéologique contre tout ce qui est « progressiste », tout cela sert à créer le chaos pour briser la société civile mais surtout empêcher la ré-organisation de la classe ouvrière la seule pouvant s’opposer aux plans génocidaires des milliardaires.

Nous comprenons que se qui se passe avec ICE n’est ni le propre des USA, ni de Trump. ICE et le Fuhrerprinzip sont le devenir de toutes les sociétés sous la dictature des monopoles en crise marchant vers la guerre. Elles auront leur application particulière dans chaque pays, car le fascisme est un serpent sans forme, éclectique idéologiquement, pour être le plus réactionnaire possible politiquement. Comme nous le disions ce jeu est dangereux, tout un Mouvement Populaire s’oppose à ICE. 30 000 personnes ont manifesté à Minneapolis récemment, des milliers de personnes aident les immigrés, elles s’organisent, et y perdent même leur vie. Des actions violentes sont organisées et des masses affrontent les hordes masquées de nazillons lourdaux. Nous voyons même les « Black Panther Party » émerger, prenant la forme de révolutionnaires en armes protégeant leurs communautés. Et bien qu’il y ait beaucoup de communication derrière cet exemple, le simple fait que la référence soit faite au peuple en armes (et principalement aux prolétaires noirs en armes) est importante.

Il y a plusieurs chose à retenir :

  • La première, que ICE et la politique trumpiste ne sont que l’expression la crise immense, bien au-delà de celle de 1929, qui étrangle l’impérialisme et qui le force à agir en aventuriste fasciste. La conscience en 2026 n’a rien à voir avec celle des années 30, la classe ouvrière est bien plus consciente (mais désorganisée et démoralisée!), bien plus nombreuse et bien plus pour la violence politique. Les masses populaires refusent la guerre impérialiste, la classe ouvrière hait le fascisme.
  • La seconde c’est que cette politique de répression, hors de tout cadre, violant la loi, accentue la lutte des classes, tout comme nous le voyons avec la répression des mouvements sociaux, les agissements des flics dans les quartiers populaires, ici en France.

L’important est donc de saisir qu’uniquement l’organisation politique peut contrer la réactionnarisation et passer à la contre-offensive contre le cancer réactionnaire. Les forces populaires ne doivent pas avoir peur, c’est les Trump et consort qui sont apeurés de la situation de leur monde. Ces politiques ne sont que des marionnettes des puissances de la Bourse et en ce sens l’unique chemin est la Révolution Socialiste, l’expropriation des expropriateurs. Le chaos nécessaire à leurs plans est aussi nécessaire à nos plans, rien ne peut changer sa un processus de destruction-reconstruction. Rien ne peut plus rester comme avant, l’unité des contraires donnent le mouvement, la répression sert la révolution qu’ils le veuillent ou non. Plus les crimes vont s’accentuer contre les peuples du Monde plus ils créaient la base à leur propre disparition.

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