Derrière Timothée Esprit, c’est toute la classe ouvrière qui est attaquée !

Depuis plus de trois ans, l’ouvrier révolutionnaire et syndicaliste CGT Timothée Esprit connaît un harcèlement continu de son employeur, la direction de l’entreprise Toray, pour s’être opposé au génocide à Gaza et avoir ouvertement soutenu le droit à la résistance du peuple palestinien.

Derrière cet acharnement se cache un combat bien plus profond dans les tranchées de la lutte des classes. Dans son usine, Timothée Esprit est un délégué syndical très actif. Il fait régulièrement des tours auprès de ses collègues, dirige plusieurs mouvements de grève. Il inspire confiance et entretient l’insubordination et l’esprit de lutte au sein de l’usine. Pour cela, il représente tout ce que déteste le patronat.

Après une première tentative de licenciement cassée par les prudhommes, la deuxième tentative est toujours en cours. En parallèle, l’entreprise Toray a saisi le Conseil Constitutionnel1 d’une Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), afin de faire lever son statut de salarié protégé, comme membre d’une Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI).

Derrière cette nouvelle attaque, c’est le principe même de la protection des salariés mandatés qui est menacé ! On veut faire de Timothée Esprit un exemple, pour faire jurisprudence contre la protection des représentants des salariés qui ne se contentent pas des négociations de salons.

Lors de l’audience de la QPC2, tenue le mardi 27 janvier, l’avocat de Toray a pointé du doigt l’attitude internationaliste sans borne de Timothée Esprit. La défense de Toray considère que le soutien affiché sur Facebook au FPLP3 est préjudiciable à « la liberté d’entreprendre et à la liberté contractuelle, garanties par l’article 4 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Ici, on joue donc le droit démocratique bourgeois contre le principe même de souveraineté des peuples.

Durant l’audience, une soixantaine de personnes étaient réunies pour soutenir Timothée Esprit, le droit à la résistance des palestiniens, ainsi que les libertés syndicales. Étaient présents des syndicalistes FNIC-CGT, mais également de jeunes activistes révolutionnaires et des représentants de la Ligue Anti-Impérialiste (LAI).

Dans une prise de parole à la sortie de l’audience, Timothée Esprit a rappelé que Toray a raison de mettre «  en opposition la liberté d’entreprendre et la liberté syndicale ». Il a démontré que derrière cette opposition se joue l’antagonisme entre le travail et le capital. Le conseil des Prudhommes, la Cour d’appel, ici le Conseil Constitutionnel, ne sont qu’une suite de petits théâtres où la lutte des classes est mise en scène : « L’objectif de l’employeur était de me détruire individuellement […] mais là où ils s’est trompé, c’est qu’il est tombé face à un collectif qui est le collectif de la classe ouvrière. »

Le délibéré de la décision du Conseil Constitutionnel sera publié le vendredi 6 février.

1Rappelons que le Conseil Constitutionnel est la plus haute juridiction de l’État français, composée uniquement de personnalités nommés par le Président de la République et les Présidents des deux chambres parlementaires.

2Affaire n°2025-1181, qui oppose l’entreprise Toray à Timothée Esprit, la CGT, la FNIC-CGT et la CFDT.

3Front Populaire de Libération de la Palestine, organisation armée marxiste de la Résistance Nationale Palestinienne.

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