Nous partageons cet article de l’Information Anti Autoritaire Toulouse (IAAT), publié le 20 janvier 2026.
Ce vendredi 16 janvier, on s’est retrouvé.es devant une filiale d‘assurance Allianz, pour pointer du doigt les agissements de ce mastodonte allemand de l’Assurance et de la Finance et pour montrer notre soutien à Daniela Klette, emprisonnée en Allemagne depuis février 2024 et accusée d’avoir participé à la RAF (Fraction Armée Rouge).
Arrêtée à Berlin en février 2024, Daniela Klette est accusée d’avoir participé à la RAF (Fraction Armée Rouge), groupe de lutte armée allemand dans la période de 1970 à 1990. Après 30 ans de cavale, son arrestation ouvre en réalité une instruction contre tout un mouvement antimilitariste et anti-impérialiste qui impliqua, dans les années 80, toute une génération en Allemagne et partout en Europe. Ce mouvement contre l’hégémonie capitaliste, et les stratégies de gouvernance qui en découlent, résonna à cette époque dans le monde entier.
Son premier procès a débuté le 25 mars 2025, à l’initiative du parquet fédéral de Verden. II porte sur une dizaine de braquages qui auraient été commis pendant ses trente années de clandestinité. Parallèlement, le procureur général constitue un second dossier d’accusation concernant des actions menées dans les années 1990. Les soupçons qui pèsent sur Daniela concernent tout d’abord une tentative d’attentat à l’explosif le 25 février 1990 contre le bâtiment administratif de la Deutsche Bank à Eschborn, l’attentat à main armée contre l’ambassade américaine à Bonn en 1991, ainsi que l’explosion de la prison de Weiterstadt en 1993, un attentat à l’explosif contre le ministère fédéral à Bonn en 1990 et l’attentat contre le directeur de la Treuhandanstalt, organisme chargé de la privatisation des entreprises de l’ex-RDA, Dr Detlev Rohwedder, en 1991.
À travers ses conditions d’emprisonnement et la criminalisation de ses soutiens, se manifeste la volonté de l’État allemand d’effacer une histoire de lutte et de rompre le lien entre les nouvelles générations de militants et celles qui les ont précédées.
Dans un système qui cherche à nous réduire à de simples consommateurs et à une force de travail, tout en nous empêchant de nous définir comme acteurs du champ politique, la résistance s’impose. Les autorités tentent d’imposer à Daniela un isolement politique en interdisant les visites, en dissuadant par des intimidations (convocations au commissariat, perquisitions chez des proches) celles et ceux qui souhaiteraient lui apporter leur soutien.
Cette tentative vise à empêcher Daniela d’être partie prenante des échanges politiques et cherche à faire d’elle le symbole d’une défaite sociopolitique tant espérée par l’État. Pourtant, les révoltes et les résistances sociales n’ont jamais cessé, et ce, à l’échelle mondiale. Les luttes actuelles s’inscrivent dans la continuité de celles d’hier et inspireront celles de demain.
Ce vendredi 16 janvier, on s’est retrouvé.es devant une filiale d’assurance Allianz, pour pointer du doigt les agissements de ce mastodonte allemand de l’Assurance et de la Finance. Allianz est à ce jour le plus grand investisseur dans les obligations (prêts à intérêt régulier) de l’État d’Israël, qui servent en grande partie à financer le réarmement israélien.
La filiale Allianz est ciblée dans le monde entier en soutien à la résistance et la population palestinienne et contre le génocide en cours. Aujourd’hui nous venons ici aussi pour apporter notre solidarité à Daniela Klette en créant un lien entre son engagement débuté dans les années 70 et nos résistances actuelles contre l’avalanche meurtrière des capitalistes de tous bords.
Pour assurer cette continuité dans la lutte, de la rue à la prison, créons les conditions d’une solidarité réelle, ici et ailleurs !



