Le Trotskysme est un courant réactionnaire, contre-révolutionnaire, c’est un poison de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier. Son unique raison d’être est l’anticommunisme. Il marche donc sans cesse en collusion, volontairement ou involontairement, avec la bourgeoisie en colportant son discours, sa vision du monde et au fond son unique horizon anti-révolutionnaire. Lors du rassemblement à Paris contre l’agression impérialiste au Venezuela, le porte-parole de Révolution Permanente a attaqué le Président de la République Bolivarienne du Venezuela, Maduro, et son régime, en se joignant objectivement au trafic de la CIA pour coloniser ce pays et plus largement toute l’Amérique Latine. Tout cela est très clair pour les masses et militants qui ont hué cette position puante au cris de « Venezuela! ». Les masses du Monde l’ont compris en se mobilisant partout contre cette lâche attaque mais apparemment pas leur avant-garde auto-proclamée.
Le Trotskysme est vide, il n’y a aucun fond idéologique et donc philosophique. Il ne comprend rien au matérialisme dialectique et aux lois qui régissent le mouvement de la matière. Révolution Permanente ne comprend pas donc pas qu’une situation peut changer du tout au tout. Ils ne comprennent pas les bonds qui se produisent dans le développement des phénomènes et que la situation le 3 janvier n’est plus la même que le 2. Ils ne comprennent pas que Maduro est le président légitime de la République et le chef des forces armées bolivariennes, qu’il est aujourd’hui prisonnier de guerre des USA et qu’il est, pour l’instant (tant qu’il ne trahit pas), du bon côté de l’histoire. Ils ne comprennent pas que c’est une attaque contre la nation et le peuple vénézuélien et par extension contre toute l’Amérique Latine que l’ogre Trump-CIA veut mettre en coupe réglée.
Révolution permanente, inconséquent d’un point de vue Marxiste, méconnaissant la pensée de Lénine, nous abreuve de leur discours intellectualisant de géopolitique tout droit sorti de Sciences Po, complètement déconnecté de l’époque et donc bien loin de ce que produit le Marxisme. Ils n’ont pas d’histoire, ils n’ont mené aucun mouvement révolutionnaire, mené aucune révolution. Ils ont tout le temps été du mauvais côté de la barricade, et donc tentent de s’inventer un corpus d’idée en s’appuyant sur l’intellectualisme bourgeois, ou en violant Gramsci dans d’affreuses déformations de ce qu’il était réellement. Ils ne comprennent donc pas les contradictions fondamentales dans le monde, et celle principale, entre les puissances impérialistes et les nations opprimés. Ils trahissent la pensée de Lénine qui lui a toujours été du côté des opprimés et comme Titan du Marxisme comprenait les contradictions qui agitaient le monde et celles qui montraient le mouvement et la direction. Nous nous permettons d’apposer la lettre envoyée le 27 novembre 1919 par le gouvernement soviétique à l’émir d’Afghanistan :
À Sa Majesté l’Émir d’Afghanistan
Ayant reçu la précieuse lettre de Votre Majesté par l’intermédiaire de votre ambassadeur extraordinaire, l’honorable Mohammed Wali Khan, je tiens à vous remercier pour vos salutations et pour votre initiative d’établir une amitié entre les grands peuples de la Russie et de l’Afghanistan.
Dès les premiers jours de la glorieuse lutte du peuple afghan pour son indépendance, le gouvernement des travailleurs et des paysans de Russie n’a pas hésité à reconnaître le nouvel ordre des choses en Afghanistan, à reconnaître solennellement sa pleine indépendance et à envoyer son ambassade pour établir une connexion permanente et inébranlable entre Moscou et Kaboul. Actuellement, l’Afghanistan florissant est le seul État musulman indépendant au monde et le destin envoie au peuple afghan une grande tâche historique : celle d’unir tous les peuples musulmans opprimés autour de lui et de les conduire sur le chemin de la liberté et de l’indépendance.
Le gouvernement des travailleurs et des paysans de Russie charge son ambassade en Afghanistan d’entrer en négociations avec le gouvernement du peuple afghan pour conclure des accords commerciaux et d’autres accords d’amitié, dont le but est non seulement de renforcer les bonnes relations de voisinage pour le plus grand bénéfice des deux peuples, mais aussi de lutter ensemble contre le gouvernement impérialiste le plus rapace du monde, la Grande-Bretagne, dont les intrigues, comme vous le soulignez justement dans votre lettre, ont entravé le développement paisible et libre du peuple afghan et l’ont éloigné de ses voisins les plus proches.
D’après les conversations avec votre ambassadeur extraordinaire, l’honorable Mohammed Wali Khan, j’ai appris que vous êtes prêt à entamer des négociations sur des accords d’amitié à Kaboul, ainsi que le désir du peuple afghan de recevoir une aide militaire du peuple russe contre l’Angleterre. Le gouvernement des travailleurs et des paysans est disposé à fournir au peuple afghan cette aide dans les plus larges proportions et, de plus, à restaurer la justice foulée aux pieds par les anciens gouvernements des tsars russes. Nous avons proposé à votre ambassadeur et donné l’ordre à nos autorités du Turkestan de former une commission mixte pour rectifier la frontière russo-afghane, dans le sens de l’élargissement du territoire afghan, sur la base du droit, de la justice et de la libre volonté des peuples vivant dans les régions frontalières. Nous espérons que cette commission commencera immédiatement ses travaux, avec votre approbation.
Notre gouvernement, à la demande de votre ambassadeur, a communiqué par radio avec les gouvernements des États voisins de la Russie afin d’assurer le passage ultérieur de l’ambassade afghane vers l’Europe et l’Amérique, mais malheureusement, les intrigues de l’État intéressé que vous mentionnez dans votre précieuse lettre ont empêché Votre Hautness de réaliser ce plan, et votre ambassade est contrainte de choisir une autre voie. Je la laisse partir avec tous les bons vœux du peuple russe, et, au nom du gouvernement des travailleurs et des paysans, je vous adresse mes salutations sincères ainsi qu’à tout le peuple afghan.
Président du Conseil des Commissaires du Peuple,
V. Oulianov (Lénine).
27 novembre 1919
Kremlin, Moscou.
Est-ce que l’émir était un ouvrier, un communiste, ou même un progressiste dans l’âme ? Assurément pas. Mais il combattait les armes à la main l’impérialisme le plus agressif de l’époque, l’Empire Britannique. Il était objectivement du côté de la Révolution prolétarienne, tout comme par exemple aujourd’hui le Hamas. Les forces véritablement patriotiques dans les pays du Tiers-monde, indépendamment de leurs origines de classe, sont du côté du mouvement de libération nationale, composante de la Révolution prolétarienne mondiale. Dans le cas du Venezuela, on a pu voir que depuis quelques temps le gouvernement, ou une partie de celui ci, et les forces armées, se sont mis à armer le peuple contre la future agression impérialiste. C’est une politique juste. Nous verrons comme se passe la suite, mais cela place de facto le gouvernement chaviste du bon côté de la barricade, tout comme Saddam Hussein quand il avait ouvert les réserves d’armes aux masses irakiennes pour qu’elles combattent l’invasion Yankee.
Il n’existe pas trois voies différentes, soit on est du côté de la CIA, soit du côté du chemin lumineux du Grand Lénine. Nous réaffirmons notre soutien inconditionnel à la nation et au peuple vénézuélien comme à toute l’Amérique latine. Nous espérons que les traîtres vont être châtiés et que le gouvernement va sérieusement préparer la guerre populaire prolongée de résistance nationale en armant les masses et en frappant les intérêts humains et matériels Yankee. Le Président Maduro est un prisonnier de guerre : il doit être libéré. En France, il est de notre devoir de développer un mouvement anti-impérialiste en soutien aux nations et aux peuples latino-américains qui ne peut que passer par une lutte contre toutes les tendances de collusion avec l’impérialisme.


