Après plusieurs ville comme Limoges ou encore Rennes, c’était au tour de l’université de Lyon 3 d’accueillir un ancien officier de l’armée française comme intervenant d’une « conférence » universitaire le jeudi 12 février. Conférence militariste que les révolutionnaires n’ont pas manqué de perturber une fois de plus.
La conférence, intitulée « Le Déni de Guerre », devait permettre aux intervenants, Guillaume Ancel ancien officier de l’armée de Terre et Stéphane Audoin-Rouzeau, historien, directeur d’Études à l’EHESS, d’offrir une plateforme pour appeler au redéveloppement de l’appareil militaro-industriel français.
En effet, loin de rejeter la marche vers la guerre, contrairement à ce que son titre aurait pu laisser penser, la conférence devait porter en réalité sur la marche à la guerre, et sur la « nécessité » pour la France de réindustrialiser et de réarmer massivement pour ne pas devoir dépendre des États-Unis dans la guerre contre la Russie.
Guillaume Ancel développe sur son blog la nécessité pour les États européens d’un développement annuel de 300 000 soldats, sans compter les forces intérieures propres à chaque pays. Ainsi le « déni de guerre » n’est pas un appel des intervenants, mais bien ce qui est dénoncé par cet ancien officier. Les pays européens devraient combattre le rejet de leurs peuples de la guerre pour au contraire se précipiter dans sa préparation.
Cette conférence se place ainsi dans la continuité de l’offensive de la bourgeoisie réactionnaire, dans la prolongation de l’appel du général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées françaises, à sacrifier la vie des jeunes générations.
Plusieurs organisations et syndicats se sont ainsi mobilisés pour empêcher ce discours réactionnaire et va-t-en guerre de se tenir auprès de la jeunesse de notre pays.
À l’impulsion de la FSE (Fédération Syndicale Etudiante), de la LJR (Ligue de la Jeunesse Révolutionnaire) et de l’OCF (Organisation Communiste de France), des militants antimilitaristes et anti-impérialistes ont envahi la conférence pour perturber son déroulement. Chants, slogans et prises de paroles ont permis de largement expliquer et politiser l’action.
Fidèle à sa vocation, Guillaume Ancel a essayé d’agresser les manifestants, retenu seulement par la sécurité de l’université. C’est donc directement les CRS qui sont intervenus au sein même de l’université pour déloger la manifestation par la violence. Coups violents, pluie de gaz, intimidations, rien n’a été épargné aux étudiants mobilisés. Plusieurs étudiantes ont même témoigné avoir subi des contrôles plus que déplacées, voire carrément des violences sexuelles lors de la fouille.
Suite à ces évènements, la conférence a été définitivement interrompue. C’est évidemment une grande victoire pour les étudiants mobilisés, qui affirment haut et fort que la propagande militariste des impérialistes n’a pas sa place dans les universités, pas plus que dans les lycées et une manifestation de la jeunesse se mobilisant pour ses intérêts de classe. La jeunesse refuse d’aller mourir pour les intérêts des impérialistes, et ce n’est ni un déni d’intelligence ni de sécurité collective, mais au contraire une marque très claire du degré de conscience et de compréhension de classe des étudiants aujourd’hui.
Par ailleurs, soulignons l’attitude pitoyable du président de l’université Lyon 3 Gilles Bonnet ou encore de son DGS Mathieu Viles, qui ont jeté une jeunesse combative et déterminée à la répression, et qui peuvent être tenus directement pour responsables des violences subies par les étudiants lors de cette conférence. Rappelons en effet que seul le président d’une université peut demander l’intervention directe des forces de l’ordre sur ses sites universitaires.
Cette situation n’est pas sans rappeler un dangereux précédent en l’affaire Cumin, un enseignant suspendu pour apologie du viol et propos racistes, coupable aussi d’agressions sexuelles, qui a repris son poste face à aux étudiants et des étudiantes avec le soutien de l’administration.

Les étudiants de Lyon ont continué d’affirmer ce que les lycéens de Limoges ou de Rennes avaient déjà porté haut et fort : que la jeunesse prolétaire s’oppose fermement à la propagande impérialiste, et qu’elle continuera de lutter pour reprendre les universités et autres lieux de savoir des mains des réactionnaires, des impérialistes et autres idéalistes en guerre contre les masses !


